Durant la guerre au cours des années 1980, les banques libanaises ont trouvé en France un pays d’accueil privilégié, compte tenu de la proximité culturelle et linguistique. Beaucoup d’entre elles ont implanté des filiales, plutôt que des succursales, pour pouvoir proposer à leurs clients de mettre leurs avoirs à l’abri hors du Liban, pays à l’époque en proie à des difficultés non seulement politiques mais aussi économiques, avec des dévaluations brutales et répétées de la livre libanaise. Ainsi, ces implantations n’étaient pas nécessairement des filiales directes des établissements libanais, mais des sociétés sœurs dépendant directement des actionnaires, via un holding ou un sous holding.
Cependant, ces établissements ont rencontré en France certaines difficultés à respecter la réglementation applicable, notamment celle relative à la connaissance du client : dans la culture libanaise, il est compliqué d’obtenir des informations sur les clients au sens où l’entend notre réglementation, tant en ce qui concerne la LAB que la connaissance client selon la MIF. La connaissance du client reste au Moyen-Orient souvent informelle, à la différence de notre système de régulation qui s’appuie sur la fourniture de justificatifs.
Par ailleurs, l’analyse de crédit réalisée par les filiales libanaises se faisait de manière plus large car elle incluait non seulement les actifs placés en France mais aussi ceux détenus au Liban. Or il n’était pas facile d’obtenir des informations concrètes compte tenu du secret bancaire en vigueur au Liban, sans oublier la complexité des démarches au Liban notamment en matière d’actifs immobiliers (cadastre et obtention de justificatifs de propriété…). Ainsi, certaines opérations de crédit fondées sur une bonne connaissance, non matérialisée, des clients étaient de nature à interpeller les autorités de tutelle lorsqu’elles venaient en mission de contrôle sur place.
Enfin, certaines banques libanaises ont été confrontées à des difficultés pour respecter les ratios prudentiels, notamment en matière de solvabilité et de fonds propres, ce qui a contraint à faire appel aux actionnaires, non sans quelques difficultés parfois.
Aujourd’hui, les banques libanaises encore présentes en France veillent à respecter la réglementation applicable et à entretenir des relations régulières avec l’ACP.