Couverture RB861
Revue Banque n° 861 - Novembre 2021
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Face au climat

Edito

De l'ambition pour le climat

Comme l’industrie, l’énergie, les transports ou le bâtiment, les secteurs bancaires et financiers sont sur la sellette à Glasgow, où se tient depuis le 1er novembre la Cop 26, la conférence des Nations unies sur les changements climatiques. Comme d’autres, voire un peu plus : en France, les banques financent l’économie à hauteur de 63 %. Des voix s’élèvent pour le leur rappeler, les responsabiliser et leur demander, fortes de cette position privilégiée, de choisir plus judicieusement leurs investissements et leurs clients, voire de peser sur leurs choix stratégiques.

Certaines n’avaient pas attendu ces bons conseils pour entamer leur mutation. D’autres ont tardé à réagir, les plus lentes en sont encore à réfléchir. De celles-ci, les autorités politiques et les régulateurs pourraient bien s’occuper, en poussant sur le levier prudentiel : le risque climatique est un risque comme un autre, auquel les banques sont de plus en plus exposées, les obligeront-ils à provisionner des réserves pour y faire face, protéger la stabilité financière et les protéger elles-mêmes d’une crise qui, la pandémie de Covid-19 en atteste, pourrait être bien plus grave que celle de 2008 ? Ouvert à toutes les parties, banquiers, gestionnaires d’actifs, tout comme sociétés de conseil et ONG, notre dossier (page 18) nous démontre que derrière les accords de façade, il reste beaucoup de chemin à parcourir.

 

À lire aussi dans notre numéro, une autre transformation aux conséquences vertigineuses, le virage numérique. C’est le sujet principal de l’European Banking Survey, une enquête récente menée auprès d’une soixantaine d’établissements dans onze pays européens par le cabinet Roland Berger. Pour Christian Heinis, l’un de ses associés, le virus a profondément bouleversé nos vies de citoyens comme de clients et d’employés pendant des mois, et ce bouleversement n’en est qu’à ses débuts (page 64). Associé du pôle Finance de Talan, José Dorrego invite donc les banques à réagir dans le secteur digital. L’une de ses convictions majeures ? L’open banking est une opportunité (page 56).

 

Tout cela, c’est pour demain, direz-vous. En attendant, il faut bien gérer le quotidien. Dans un secteur où la réglementation foisonne, il rime avec maîtrise des textes et des projets de texte. Du côté du droit des sûretés, l’ordonnance du 15 septembre 2021 change bien des choses. Avocat associé du cabinet Gowling WLG, Danhoé Reddy-Girard nous en détaille toutes les règles, du cautionnement au nantissement de fonds de commerce, en passant par les sûretés réelles immobilières (page 46).

 

Côté purement financier, les normes IFR-IFD changent le quotidien. En ce mois de novembre, nombre d’entreprises d’investissement se livreront à leur première soumission de rapports réglementaires. Benjamin Izarié et Rê-Liré Ivanga, de BDO Financial Services, reviennent sur les différentes classes définies par cette réglementation et les exigences prudentielles correspondantes (page 50). Pour clore ce chapitre réglementaire, Louise Poulain, consultante senior chez Forsides, est partagée sur les bénéfices des changements proposés par la Commission européenne à l’occasion de la révision de Solvabilité 2, le Bâle III de l’assurance (page 53).

Mais il faut bien aussi parler business. À l’occasion de la publication des chiffres clefs du marché, pour 2020 et le premier semestre 2021, par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), nous avons interrogé Dominique Laboureix, son secrétaire général. Le message est clair : les banques doivent améliorer leur rentabilité (page 11).

Sur ce thème, Michael Bolle, de Querya Partners, s’inquiète du peu d’attention que les banques, qu’elles soient nouvelles venues sur internet ou grandes anciennes, portent aux associations. Elles y auraient pourtant d’autant plus d’intérêt que, outre leur niveau de risque peu élevé, les associations sont une porte ouverte sur un marché de près de 12,5 millions de clients (page 61). Michael Bolle remet aussi en cause l’efficacité de la gratuité du service. À bon entendeur…

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