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Revue Banque n° 859 - Septembre 2021
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Le bail-in et les particuliers

Edito

Questions sur le bail-in

Il y a six ans, l’affaire avait fait grand bruit en Italie : Luigino d’Angelo avait souscrit pour 110 000 euros d’obligations dont son conseiller financier lui avait caché les risques. Ses économies avaient fini à son insu dans le plan de sauvetage de sa banque, la Banca popolare dell’Etruria, placée sous la procédure du bail-in. Quelques jours plus tard, ce retraité de 68 ans mettait fin à ses jours. Depuis, le bail-in fait régulièrement l’objet de controverses, de la part de particuliers, mais aussi de nos gouvernants, qui savent bien qu’on ne touche pas sans dommage politique à l’épargne populaire. Les États mais aussi l’Union européenne ont donc pris des mesures pour remédier aux effets secondaires de ce dispositif notamment destiné, à l’origine, à protéger le contribuable en cas de crise financière. En particulier, les banques sont désormais tenues d’avertir plus clairement leurs clients des risques encourus et, en France, les dépôts restent couverts à hauteur de 100 000 euros, quoi qu’il arrive. Est-ce suffisant ? Les avis des experts que nous avons sollicités à ce sujet sont partagés, même si tous s’accordent à reconnaître que de grands progrès ont été accomplis. Quand Thierry Dissaux est certain que la France fait partie des pays les plus sûrs pour les déposants, Julien de Saussure et Miguel Raminos rappellent que « l’impact du bail-in sur les particuliers rend difficile la mise en œuvre de la résolution » et le professeur Pierre-Henri Conac que « si la protection des épargnants s’est peu à peu renforcée en Europe, elle demeure insuffisante face au risque de renflouement interne ».

 

Et aussi dans ce numéro

La data et l’intelligence artificielle sont-elles l’avenir de la banque, notamment en matière de pilotage des risques et de réglementation ? Sans aucun doute, nous prédisent la dizaine de spécialistes à qui nous avons ouvert nos colonnes, à condition de revoir les organisations et les métiers en ce sens – ce qui n’est pas toujours le cas dans notre pays, alertent-ils. Un plaidoyer convaincu et convaincant.

Les banques centrales n’ont jamais joué un rôle aussi déterminant qu’en ces temps de crise sanitaire et de soutien massif à l’économie. Tandis que Laurent Quignon se réjouit que la Banque centrale européenne desserre l’étreinte qui pèse depuis deux ans sur le versement des dividendes bancaires, Émile Gagna constate que la BCE « vise un rythme de hausse des prix à la consommation de 2 % à moyen terme ». Un objectif dont Patrick Artus n’est pas convaincu qu’il soit atteignable. L’économiste s’inquiète par ailleurs des possibles conséquences négatives de cette inflation, en particulier sur un marché de l’immobilier dopé par des taux d’intérêts toujours très bas, comme le souligne de son côté Olivier Eluère.

Alors que le réseau Mastercard songe à donner le coup de grâce à la bonne vieille piste magnétique, Thales, après Samsung, mise sur la biométrie pour sécuriser les cartes de paiement, dont les premières sont désormais en circulation en Corée du Sud mais aussi en France, sous conditions.

Et puis ne manquez pas, pour finir, cette histoire édifiante d’un voleur de cryptomonnaie convaincu par sa victime de rendre son (considérable) butin contre rémunération. Le nouveau monde numérique est décidément imprévisible.

Sommaire

Dossier : Le bail-in et les particuliers

En cas de crise bancaire, l’impact potentiel d’une résolution sur les particuliers explique, en partie du moins, les réticences des États face à ce mécanisme. La protection des épargnants s’est renforcée mais des risques demeurent. Quant au bail-in des dépôts, il est remis en question dans le ...

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