Couverture Rb775
Revue Banque n° 775 - Septembre 2014
40,00 € TTC

Inclusion financière : pour bancariser le monde en développement

Edito

L’inclusion financière, un levier de croissance ?

L'auteur

En quoi l’inclusion bancaire et financière sert-elle le développement économique des pays ? « Des études ont montré une corrélation positive entre le taux d’accès aux services financiers et le taux de croissance d’un pays » souligne Gerhard Coetzee (CGAP, think tank dédié à ces questions hébergé par la Banque Mondiale). Au-delà de cette approche macroéconomique, c’est la question que s’est posée, sur le terrain, Séverine Leboucher (Revue Banque) au cours d’un périple d’un an à travers par moins de trois continents, entre Amérique latine, Asie et Afrique. Dans son dossier, elle explique que l’inclusion financière ne se résume pas au paiement et l’accès au crédit : elle porte aussi sur des formes d’épargne, car les populations même à très faible revenu manifestent le besoin de mettre de l’argent de côté, par précaution ou en vue de monter un projet, aussi modeste soit-il. Mais pour faire de l’inclusion financière une activité pérenne, il faut qu’elle soit rentable. Les opportunités ouvertes par les nouvelles technologies sont des pistes intéressantes, comme le montre l’exemple du kenyan Safaricom avec son système de paiement mobile M-pesa. Mais d’autres solutions existent parfois plus proches de la banque traditionnelle, plus ou moins intégrées dans les circuits bancaires formels : partenariats entre ONG et banques, stratégie multicanal innovante comme celle déployée par Bancolombia, création de VSLA (Village Savings & Loans Associations), véritables banques de village... Il n’y a pas que dans les activités de marché que l’imagination et la créativité financières sont à l’œuvre, avec une justification économique peut-être ici plus évidente…

Emprunts toxiques : la loi « relative à la sécurisation des contrats de prêts structurés souscrits par les personnes morales de droit public », avec en contrepartie la mise en œuvre d’un fonds de soutien aux collectivités locales, a été votée fin juillet dernier et validée, cette fois, par le Conseil constitutionnel. C’est dans ce contexte que Jacques Pélissard (président de l’Association des maires de France jusqu’en juillet dernier) présente l’Agence de financement des collectivités locales, dont il est un des cofondateurs, et dont la création a été législativement validée par la loi bancaire de juillet 2013. L’agence se veut un acteur complémentaire des partenaires bancaires, dont la présence doit permettre de renforcer une saine concurrence avec ces derniers.

Traitement de la déshérence : les banques vont devoir se conformer aux exigences de la loi Eckert du 13 juin 2014 sur la gestion des actifs en déshérence. Olivier Bohm et Amicie de Vauplane (uneadressepourlavie.org) détaillent le dispositif entre recensement, information, relances des titulaires et, le cas échéant, transfert des avoirs. Ils montrent toute la complexité de la démarche pour les établissements bancaires, qu’il s’agisse de déterminer le caractère « inactif » d’un compte, de calculer les durées d’inactivité variables selon la nature du compte ou selon la disponibilité des avoirs. La loi n’entrera en vigueur qu’en 2016, mais ce délai ne sera pas de trop pour mettre en œuvre le dispositif.

Gestion des données : tant le respect de nombreuses réglementations et les exigences pour un reporting plus transparent que les possibilités ouvertes par les technologies du Big Data vont conduire les banques à utiliser de façon plus intensive les données enregistrées dans leur SI. Le caractère stratégique qu’acquiert aujourd’hui la gestion de ces dernières n’a pas échappé à Jacques Richer (Capgemini Consulting), ni à l’équipe de Conix Consulting (Raphaël Hagège, Olivier Robast et Delphine Barrau) : le premier détaille le renforcement nécessaire de la qualité des données, les seconds le dispositif à mettre en œuvre pour en organiser la gestion, mais tous insistent sur cette nouvelle dimension transversale de management dans le pilotage bancaire et sur l’indispensable gouvernance des données que devront installer, en amont, les établissements de crédit.

Sommaire

Dossier : Inclusion financière : pour bancariser le monde en développement

Selon la Banque Mondiale, la moitié de la population adulte de la planète n'a pas accès aux services financiers de base. Pourtant, en permettant l'investissement et en protégeant leurs détenteurs des aléas de la vie, le crédit, l'épargne, l'assurance et les moyens de paiement sont des outils ...

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