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Revue Banque n° 741 - Novembre 2011
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Banque privée : la difficile conquête des clients fortunés

Edito

Banque privée, une activité désormais stratégique

L'auteur

La course aux dépôts engagée pour satisfaire à la réglementation prudentielle de Bâle III confère à la banque privée, grande pourvoyeuse en la matière, une importance stratégique pour les groupes bancaires. Cette activité s’exerce aujourd’hui à l’échelle mondiale et la crise ne semble pas affecter cette catégorie de clients : en 2010, le nombre de millionnaires dans le monde a atteint 10,9 millions de personnes, enregistrant une progression de 8,4 % par rapport à 2009. Dans les prochaines années, c’est vers la zone Asie-Pacifique qu’il faudra se tourner, qui affiche dans ce registre les progressions les plus importantes.

Pour autant, cette activité n’échappe pas à la vague réglementaire qui frappe le secteur bancaire : l’évasion fiscale est un des chevaux de bataille enfourché par le G20 et les Etats en mal de ressources sont enclins à suivre volontiers le mouvement. L’administration fiscale américaine n’a pas hésité avec sa réglementation FATCA à aller débusquer les fraudeurs américains à l’étranger, sans se soucier du caractère extra territoriale de son texte. Pour tenter de sauver son secret bancaire face aux pressions du G20, la Suisse vient de signer des accords (dénommés RUBIK) avec l’Allemagne et le Royaume-Uni.

Ainsi, entre attractivité dans le cadre de Bâle III, développement international et lutte contre l’évasion fiscale, l’atlas mondial de la banque privée pourrait évoluer fortement dans les prochaines années.

Une directive à large spectre

La proposition CRD 4 de la Commission européenne publiée en juillet 2011 est remarquable à plusieurs égards. Elle marque tout d’abord une volonté renforcée d’unifier l’application de la réglementation au sein de l’Union. Preuve en est sa formulation sous forme d’une directive et d’un règlement, applicable sans transposition. « C’est la première fois que la Commission propose d’utiliser ce type d’instrument juridique en matière de réglementation prudentielle du secteur bancaire et financier » analyse Pierre-Henri Cassou (Deloitte et Group of Experts on Banking Issues auprès de la Commission européenne).

En outre, si cette proposition a pour premier objectif de décliner l’accord Bâle III en droit communautaire, elle va bien au-delà de ce périmètre, sur le terrain de la gouvernance des établissements de crédit, des modalités de leur surveillance, voire de la définition du champ de la régulation.

Plus de chèque en blanc !

L’époque n’est plus à la confiance : « Depuis la crise financière, la prise de garanties (titres et cash) et le recours à une contrepartie centrale sont devenus des instruments dominants de gestion des risques de crédit et de liquidité des transactions » souligne la Banque de France dans un récent communiqué. En 2010, 36 % des opérations sur le marché interbancaire ont été réalisées contre la prise de garanties et 45 % des opérations de pensions en euro ont été traitées via une chambre de compensation. « C’est pour répondre à cette demande que la Place de Paris s’est engagée dans le développement d’une offre de services de gestion tripartite de collatéral » expliquent Pierre-Dominique Renard (LCH.Clearnet SA), Caroline Derocle (Euroclear France), Alexandre Gautier (Banque de France) et Jacques Vanhautère (3CJV sas). Cette offre, opérationnelle en novembre, permettra l’externalisation de la gestion du collatéral selon un fonctionnement en mode automatisé STP, de la négociation au règlement espèces et titres.

Bulletin météo

Les performances de deux entreprises sur trois dépendent d’une relation parfois subtile aux conditions atmosphériques. Jean-Louis Bertrand (ESSCA, Metnext) présente ses travaux de recherche pour parvenir à en quantifier les effets sur le chiffre d’affaires et la rentabilité des entreprises. Cette première étape est indispensable pour gérer ensuite ce risque, en ajustant son activité – car « produire, acheminer, stocker, promouvoir les bons produits, dans les bonnes quantités, au bon endroit et au bon moment est une couverture très efficace » – ou en souscrivant des dérivés climatiques.

Sommaire

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