Ressources humaines

RH : l'impact du digital

Dossier réalisé par Laure Bergala

Introduction

RH : l'impact du digital

La transformation digitale des grandes entreprises que sont les banques pourrait avoir de plus en plus de conséquences sur les ressources humaines. L’évolution des réseaux d’agences et de l’ensemble des métiers a un impact sur les effectifs. Certains métiers disparaissent, de nouveaux apparaissent. Jusqu’où et à quel rythme iront les bouleversements ?

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Les banques ont changé depuis la crise de 2008 et, même si les déclencheurs des évolutions actuelles ne sont plus nécessairement liés à cette crise, elles continuent à changer. À la conjoncture économique et financière (taux bas, croissance atone…) s’ajoute notamment la transformation numérique en cours.

De nouveaux paradigmes s’installent dans le paysage des ressources humaines des banques, qui pèsent 2,3 % de l’emploi privé en France avec 371 600 salariés (périmètre FBF) à fin 2015. Premier paradigme : la pente douce de la baisse, désormais unanimement actée, des effectifs, entamée en 2011, devrait se poursuivre, liée au différentiel entre les départs à la retraite des générations du baby-boom et les embauches. Cette baisse était de 1,5 % dans les banques FBF en 2015.

Autre tendance, concernant l’évolution des métiers : la disparition à terme du poste de chargé d’accueil en agence, métier d’entrée traditionnel dans la banque, au profit d’un accueil partagé. Les métiers en agence sont aujourd’hui de ceux qui bougent le plus, alors que la diminution à venir de la taille de tous les réseaux semble inévitable. Or, comme le rappelle Luc Mathieu (CFDT), « réduire son réseau a forcément des conséquences sur l’emploi ».

Société Générale, qui a révélé son plan de transformation il y a un an, a mis en place cet accueil partagé dans 105 agences en 2016 et en a par ailleurs fermé 72.

L’organisation du travail évolue dans les grandes banques. Société Générale aura accueilli fin 2016 5 000 collaborateurs aux Dunes, nouveau campus de Val-de-Fontenay qui n’a rien à envier aux Gafa et autres incubateurs de FinTech, avec ses postes de travail non attitrés en open space et ses espaces de convivialité. Le visiteur en oublie qu’il se trouve dans une banque. BNP Paribas vise de son côté 4 000 salariés en « flex office » fin 2016.

Les banques, qui esquissent leurs prochains plans stratégiques, déclarent entrer dans le dur de leur transformation digitale, par ailleurs entamée il y a longtemps. Les principaux syndicats du secteur sont d’accord pour accompagner ces transformations, si elles se font dans de bonnes conditions. La CFDT, par la voix de Luc Mathieu, pourtant signataire du pacte de responsabilité début 2015, déplore cependant l’insuffisance de dialogue social. Régis dos Santos, président du SNB/CFE-CGC, regrette ce qu’il considère comme l’absence de vrais moyens pour accompagner la rupture digitale. Il appelle de ses vœux un « plan marshall » pour la formation des salariés, notamment pour assurer la montée en expertise du conseiller de clientèle en agence, annoncée par toutes les banques.

Enfin, des innovations apparaissent dont nul ne sait si elles constitueront des ruptures importantes. Banque Populaire teste l’idée de mettre à disposition une partie de ses agences pour des utilisateurs temporaires en co-working. De petits robots font leur apparition en agence, pour faire de l’animation et participer à l’accueil partagé. Certaines Caisses d’épargne les expérimentent, mais ils sont déjà déployés au Japon. L’intelligence artificielle commence à être utilisée pour accompagner le travail des conseillers. Élémentaire, mon cher Watson ? L’un des usages les plus remarqués en France est celui que fait le Crédit Mutuel- CIC de cet outil d’IBM qui assiste les conseillers dans leur gestion des mails. Malgré certaines études alarmistes sur les conséquences de ces innovations sur l’emploi (la banque de détail perdrait 60 % des emplois actuels en 2025 selon l’Université d’Oxford, rappelle Pierre Blanc d’Athling), robots et intelligence artificielle ne devraient pas remplacer les salariés de sitôt, de même que les banques françaises ne devraient pas annoncer de plans de diminution drastiques de leurs effectifs ni réduire rapidement la taille de leurs réseaux, comme d’autres le font ailleurs en Europe.

Reste que de nombreuses incertitudes pèsent sur l’évolution du modèle de la banque, et donc sur l’emploi et l’évolution des métiers.

Dossier réalisé par Laure Bergala

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