La gestion actif-passif (ALM) au cœur des nouveaux modèles bancaires

Dossier réalisé par Séverine Leboucher

Introduction

La gestion actif-passif (ALM) au cœur des nouveaux modèles bancaires

Dans les banques, les équipes ALM ont pour mission de réconcilier court terme et long terme en préservant les grands équilibres. Historiquement, elles se sont focalisées sur le risque de taux, mais les crises de 2007 et de 2011 ont déplacé les projecteurs sur la liquidité. Aujourd’hui, alors que les modèles bancaires sont en train d’être refondus, la gestion actif-passif est fortement sollicitée.

Gestion actif-passif

Dans quelle mesure peut-on accorder des prêts immobiliers à 20 ans avec des dépôts que les clients sont susceptibles de retirer du jour au lendemain ? À combien fixer le taux d’un crédit à la consommation en fonction du prix de la liquidité sur les marchés ? Comment protéger le bilan de la banque face aux variations du dollar ? Autant de questions clés du métier de banquier auxquelles s’intéressent les équipes ALM (Asset Liability Management – gestion actif-passif). Rattachée à la direction financière, la gestion actif-passif a vu son rôle s’étoffer au fur à mesure des années. Professionnalisée à partir des années 1980, elle s’est particulièrement intéressée au pilotage de la marge nette d’intérêt, c’est-à-dire ce que la banque gagne grâce au différentiel entre le taux auquel elle prête et celui auquel elle se finance. Le suivi financier du risque de taux est donc une composante majeure du rôle de l’ALM.

Mais la crise dans laquelle le secteur est entré en 2007 a changé la donne et placé le risque de liquidité sous les feux de la rampe. Les compétences des professionnels de l’ALM sont alors devenues stratégiques. Un œil sur l’aspect financier, un autre sur la dimension risques, les directions de la gestion actif-passif sont aujourd’hui associées aux refontes des modèles bancaires : cessions d’activités trop gourmandes en devises étrangères, réaménagements des conditions d’octroi de prêts pour en réduire la maturité, accent mis sur la collecte de ressources stables comme les dépôts des particuliers, pilotage précis et réactif de la liquidité sont autant de sujets sur lesquels interviennent les directions de la « gestion financière du bilan », comme elles sont parfois appelées.

L’ALM est logiquement très concerné par les évolutions réglementaires en cours dans le secteur bancaire. Les ratios de liquidité du Comité de Bâle constituent à ce titre une contrainte majeure qui va à l’encontre d’une gestion active et sur-mesure du bilan par l’ALM : que ce soit le LCR [1] ou le NSFR [2], les nouveaux ratios introduisent un même calcul et des hypothèses identiques pour l’ensemble des établissements, quels que soient leur modèle ou leurs conditions d’activité. En limitant la capacité des banques à financer leur crédit à long terme par des dépôts à court terme, le NSFR va jusqu’à remettre en question le métier même de l’ALM : garantir que le processus de transformation, au cœur de la croissance économique, se fasse dans des conditions de sécurité suffisantes.

Dans cet environnement contraint tant par les conditions de marché que par la réglementation, un pilotage du bilan au millimètre s’impose pour préserver la capacité de financement de l’économie des banques. Et c’est aux équipes ALM d’y veiller.

Dossier réalisé par Séverine Leboucher

[1] Liquidity Coverage Ratio.

[2] Net Stable Funding Ratio.

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Banque & Stratégie