Blockchain

Eldorado ou mirage pour les services financiers ?

Dossier réalisé par Laure Bergala

Introduction

Eldorado ou mirage pour les services financiers ?

2016, année de transition pour la blockchain ? Ce protocole informatique qui permet de valider et de garantir des échanges de façon décentralisée, loin des paradigmes du système financier qui repose sur la médiation de tiers de confiance, suscite réflexions et expérimentations dans le secteur pour ses promesses de rapidité et de réduction des coûts. Mais nul ne sait aujourd’hui si la révolution aura lieu. Point d’étape des avancées à ce jour.

L'année 2016 sera-t-elle celle ​de la ​transition pour la blockchain, que peu de gens connaissaient il y a encore quelques années et à laquelle d’aucuns prédisent désormais un avenir radieux, avec un déploiement massif dans les services financiers d’ici 2025 ? Bien plus de questions que de réponses à ce jour sur cette « technologie » qui selon certains n’en serait pas une, cet ovni difficile à appréhender mais qui fait couler beaucoup d’encre.

La « chaîne de blocs » est un protocole informatique de sécurisation présenté comme inviolable et infalsifiable, qui permet de valider et garantir des échanges, via une certification cryptographique en temps réel, sous le contrôle d’une autorité distribuée entre une multitude d’ordinateurs, donc totalement décentralisée. Loin des paradigmes du système financier qui repose notamment sur la médiation de tiers de confiance…

La blockchain Bitcoin, la plus connue et la plus ancienne, est née du choc de la crise, fin 2008, dans une mouvance libertaire de défiance envers les monnaies existantes, avec la création d’une nouvelle « monnaie » d’échange numérique générée par le minage, la validation décentralisée en ligne de chaque transaction.

Il existe bien d’autres blockchains et leurs usages potentiels intéressent désormais au plus haut point le secteur financier, notamment parce que ce dispositif, en offrant un modèle de désintermédiation se passant des tiers de confiance, pourrait permettre aux process, paiements, échanges de titres et autres transactions commerciales, de devenir bien plus rapides et moins coûteux. Ce registre pourrait bouleverser certains métiers, comme la compensation ou le règlement livraison, voire métamorphoser en profondeur le système économique.

2016 est l’année des premiers tests. Les grandes banques réfléchissent à ses usages possibles dans leur secteur, au-delà du domaine des paiements où la ​blockchain a fait ses premiers pas. Elle infiltre la Recherche et Développement (R&D) et des pilotes émergent dans les groupes. Elle se place au centre de nombreuses démarches collectives, initiatives de Place et autres consortiums.

Une industrie n’avance pas sans réglementation et rien, ou en tout cas aucune révolution massive, ne se fera sans le droit. L’ordonnance du 28 avril 2016 qui a créé les minibons offre une première définition légale de ce « dispositif d’enregistrement électronique partagé » qui pourrait révolutionner le financement des entreprises. Au niveau communautaire, la Commission a rappelé début juillet son intention d’inclure les plates-formes de change de monnaie virtuelle dans le champ d’application de la directive Antiblanchiment.

Au chapitre des incertitudes, encore nombreuses : la sécurité, qui semble assurée intrinsèquement mais n’a pas empêché bugs et autres fraudes, par exemple sur The DAO ; la capacité, encore incertaine, à traiter de forts volumes et à gérer des données enrichies ; et même la promesse de réduire significativement les coûts.

Nul ne sait aujourd’hui si les freins seront levés pour un déploiement massif de cette « technologie » encore très évolutive, et pour quels résultats. Jusqu’à l’ubérisation d’Uber ?

Dossier réalisé par Laure Bergala

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