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Transformation numérique et nouvelles technologies : où est la vraie révolution ?

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Les nouvelles technologies et l’innovation permettent souvent de faire mieux, plus vite, moins cher, mais rarement de tout faire basculer d’un seul coup. Pour autant, avec la FinTech, et plus largement l’innovation dans le secteur financier, on parle aujourd’hui de révolution. Pourquoi ? Qu’est-ce qui différencie le mouvement actuel autour du secteur financier, alors que le numérique et les technologies sont à la page des grands groupes depuis des décennies ? Pourquoi les grands groupes (et leurs équipes) sont-ils submergés d’offres technologiques, toutes plus innovantes et pertinentes les unes que les autres, alors que l’innovation est censée coûter cher et prendre beaucoup de temps (R&D) à être développée et, par la suite, implémentée ? Deux mouvements de fond permettent aujourd’hui de l’expliquer.

Tout d’abord, la diffusion en masse des technologies au sein de la population dans sa sphère personnelle a facilité et fluidifié l’intégration des technologies dans la sphère professionnelle. Les collaborateurs sont sensibilisés aux bienfaits que la technologie apporte pour leurs besoins courants, et se demandent souvent pourquoi ne pas en bénéficier aussi au travail. Plus qu’une simple sensibilisation, l’omniprésence technologique entraîne une véritable nécessité d’évolution technologique dans le milieu professionnel, au risque de perdre les meilleurs collaborateurs qui seraient exaspérés de l’inefficacité de leur organisation d’accueil.

Si une R&D traditionnelle, financée notamment par le secteur public et effectuée par des laboratoires de recherche, sera toujours utile pour des industries aux technologies lourdes telles l’aéronautique, la médecine ou encore l’énergie, les investissements qu’elle nécessite sont extrêmement importants et les résultats longs à venir et très incertains, ce qui représente souvent des prises de risque élevées qui doivent être confortées par l’investissement public. Il est cependant de moins en moins pertinent, voire nécessaire, de faire de la R&D profonde dans des secteurs de services comme la finance. Les technologies basées sur le code demandent souvent des investissements faibles pour des retours qui peuvent être extraordinaires. La disruption d’une partie ciblée de la chaîne de valeur d’une compagnie d’assurance ou d’une banque dépend aujourd’hui bien plus de son agilité, de sa capacité à intégrer la nouvelle technologie (qui est mature la plupart du temps depuis un moment), plutôt que de la maturité de la technologie en elle-même.

 

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