Les services sont l’avenir de l’emploi

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Cet article est extrait de
Revue Banque n°762

L'innovation est un moteur de développement

Le taux de chômage en France métropolitaine a atteint 10,4 % à la fin du second trimestre de 2013 contre 9,8 % un an plus tôt. Le « record » du début de l’année 1997, avec un taux de chômage de 10,8 %, pourrait être atteint à la fin de cette année. Le Gouvernement attend avec anxiété un rebond de l’activité pour voir enfin la courbe du chômage s’inverser. Même si c’est le cas, un simple rebond de l’activité ne pourrait à lui seul entraîner une baisse significative du chômage. Il faut hélas constater que la France a un taux de chômage structurel parmi les plus élevés des pays développés. Depuis 25 ans, le taux de chômage n’a jamais été significativement inférieur à 8 % alors même que notre pays a connu des périodes de croissance élevée, 3 à 4 % par an, qui sont aujourd’hui hors de portée même à moyen terme.

La question de la sortie d’une société de sous-emploi reste donc posée. Le retour de la croissance n’étant pas suffisant, une réforme profonde du fonctionnement du marché du travail est donc nécessaire. L’accord sur la sécurisation de l’emploi du 11 janvier 2013 est un pas positif mais reste largement insuffisant. Il faut également renoncer à croire qu’un renouveau industriel, qui est nécessaire, suffira à renverser vraiment la tendance. En effet, les gains de productivité dans l’industrie resteront élevés et devront même s’accroître pour permettre à celle-ci de redevenir compétitive. Il ne faut donc pas s’attendre à ce que l’industrie puisse, même dans un contexte économique favorable, créer des emplois à la hauteur de ce qui serait nécessaire pour sortir notre pays du sous-emploi.

Seuls les services sont en mesure d’avoir un impact fort en matière de création d’emplois.

Aujourd’hui, les services marchands (hors commerce) représentent 8,8 millions d’emplois dont 2,5 millions ont été créés entre 1990 et 2011. Malheureusement, depuis trois trimestres, la machine à créer des emplois s’est enrayée du fait du marasme économique. Elle peut cependant repartir très vite si des conditions favorables réapparaissent. En 2013, 64 % des recrutements se feront dans les services [1], 80 % des créations d’emploi dans notre pays se feront dans les services d’ici 2016 [2]. Les services représentent 46 % du PIB et sont le premier financeur de la protection sociale. Les services marchands sont extrêmement variés et comprennent aussi bien des secteurs à forte intensité de main-d’œuvre (hôtellerie, restauration, nettoyage, sécurité…) que des secteurs à haute qualification (banque, assurances, conseil, informatique…).

Le redressement de l’industrie et l’accélération du développement des services vont de pair et passent par une économie tournée vers le développement de l’entrepreunariat, la revalorisation de l’investissement productif et la maîtrise du coût du travail elle-même, tributaire du redressement des comptes publics. Les services sont aujourd’hui un facteur de croissance largement indépendant de l’industrie, car ils s’adressent aussi bien aux particuliers qui en consomment toujours davantage qu’aux entreprises industrielles, commerciales, de la construction et, bien sûr, de services. Il serait vain d’opposer, comme le font parfois certains, l’industrie aux services ou encore les secteurs exposés à la concurrence internationale à ceux qui ne le seraient pas. Tous les secteurs de l’économie ont un rôle à jouer dans le succès économique. En soutenir certains et en vilipender d’autres serait contreproductif : l’enjeu est le redressement de notre économie dans lequel les services sont indispensables et qui seuls sont capables d’améliorer véritablement la situation de l’emploi.

[1] Source : Pôle emploi.

[2] Source : CAS.

 

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