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Les effectifs bancaires moins tributaires de la crise que des adaptations structurelles de long terme

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Cet article est extrait de
Revue Banque n°747

Entreprises en difficulté : pour une meilleure maîtrise des risques

Entre fin 2007 et fin 2011, les effectifs du secteur bancaire se sont légèrement contractés de -1,5 %, un taux quasiment identique à celui de la population salariée française (-1,4 %). On ne peut pas dire que le secteur bancaire, situé au cœur de la tourmente économique, se soit moins bien comporté en termes d’emplois que l’économie dans son ensemble. En réalité, les véritables évolutions ne sont pas très lisibles « en surface ». Alors que pour l’économie dans son ensemble, des « déversements » se produisent de secteurs vers d’autres, dans la banque, des transferts s’opèrent de certains métiers vers d’autres. En tout cas, les effectifs ne sont pas à la dérive – tant s’en faut dans la banque –, mais ils s’adaptent à la donne nouvelle.

Si l’on considère les effectifs de la force de vente bancaire [1], ceux des traitements des opérations, ceux enfin des fonctions support, ils s’inscrivent chacun sur des tendances bien établies : une légère diminution des premiers, largement due au facteur démographique, une diminution continue pour les seconds (-10 % en 4 ans), enfin, une croissance constante des fonctions support. Ces trois tendances se conjuguent pour produire la légère contraction de la période 2007-2011, sachant que les effectifs globaux ont retrouvé un rythme croissant en 2011.

Mais tout aussi importantes pour l’avenir du secteur apparaissent les transformations internes aux familles de métiers :

  • celles liées aux départs pour raison d’âge, qui atteignent maintenant leur rythme maximum ;
  • celles, plus stratégiques, qui répondent conjointement aux besoins évolutifs des clientèles et aux possibilités de la technologie. La diminution du nombre de chargés d’accueil au profit des chargés de clientèle pour les particuliers ou les professionnels en est l’illustration la plus visible.

Mais alors, la crise n’aurait joué aucun rôle dans ces évolutions ? Certes, elle n’a pas manqué d’avoir des effets sur les effectifs. Mais ils sont quantitativement mineurs – on l’a vu – et sont par ailleurs de nature et de signes très divers. C’est évidemment sur la BFI que la crise s’est fait le plus vivement sentir, plus précisément sur les métiers de des marchés [2]. Pour autant, du fait du renforcement des métiers de contrôle et du middle office en général, la BFI ne voit pas sa part s’affaisser trop sensiblement dans les effectifs totaux. Elle est au demeurant limitée : un peu moins de 9 %. Les effets de la crise sur la banque de détail sont actuellement difficiles à mesurer. Des impacts du ralentissement de la conjoncture, comme ceux qui touchent le crédit à la consommation, sont davantage perceptibles dans les filiales spécialisées que dans les réseaux bancaires eux-mêmes. Par ailleurs, il existe des effets positifs de la crise en termes d’effectifs : le renforcement de toutes les fonctions de contrôle – juridiques déontologiques, comptables, etc. – ou encore l’essor de la gestion patrimoniale de haut niveau, si peu coûteuse en capitaux et si fertile en liquidités…

Au sortir de cette période 2008-2011, des indicateurs contradictoires semblent s’allumer :

  • d’un côté, le retour d’une évolution positive des effectifs constaté en 2011 ;
  • de l’autre, les incertitudes liées aux « adaptations de bilan » annoncées pour 2012.

Mais l’esprit de cette note n’est pas de conjecturer sur ces signaux, mais de se projeter au-delà de la crise, dans le long terme. Pour tout secteur économique, c’est l’orientation de la demande qui s’impose finalement comme facteur de croissance ou de déclin. Or, dans nos sociétés développées, la demande de services financiers, celle des particuliers comme celle des entreprises, semble bien assurée d’un essor continu.

 

[1] Essentiellement les personnels d’agence.

[2] Prospection, courtage et trading.

 

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