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« Des emplois pour les jeunes » : une réunion internationale pour un souci mondial

Loupe

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Cet article est extrait de
Revue Banque n°750

Les ressources humaines en temps de crise : la grande inconnue

La crise bancaire et la crise des dettes publiques qui lui a succédé ont entraîné, entre autres effets sur l’économie réelle, une sensible dégradation de l’emploi. Les populations sont touchées à des degrés divers par la recrudescence du chômage et, de manière à peu près uniforme dans le monde, les jeunes en sont les premières victimes. Les données disponibles donnent une image complexe, mais bien certaine du phénomène : dans les pays où le chômage des jeunes est précisément mesuré, il représente généralement le double de celui des adultes, atteignant ou dépassant le taux de 50 % dans des pays comme l’Espagne ou la Grèce. À côté du chômage dûment répertorié se développe une forme plus diffuse que les organismes internationaux désignent sous le terme de « NEET [1] ». Dans tous les cas, le chômage ou l’inactivité des jeunes représentent un gâchis immédiat de capital humain et entraînent aussi des effets différés, une entrée chaotique ou retardée dans l’emploi laissant généralement des stigmates sur tout le déroulement de la vie active.

L’ampleur et la gravité du problème ont conduit l’Organisation internationale du travail (OIT) à en faire le thème général de sa conférence annuelle de 2012. Rappelons que l’OIT a statut d’agence de l’ONU. Mais elle se distingue du reste du système des Nations unies par son ancienneté – sa création remonte à 1919 – et par sa gouvernance, assurée par des représentants des employeurs, des syndicats et des gouvernements. La conférence annuelle produit des textes (conventions, recommandations, conclusions...) qui tendent à former un ensemble de normes internationales du travail. Des résolutions font la synthèse des travaux de la Commission sur l’emploi des jeunes.

Pour élaborer une position internationale sur un tel sujet, deux obstacles sont à surmonter. D’abord l’hétérogénéité des situations, qui risque de décourager une analyse et une position communes. Les pays en voie de développement ont dans l’ensemble des économies à large secteur informel, alors que les pays développés présentent un marché du travail bien structuré. L’autre écueil, temporel cette fois, réside dans la tentation d’attendre le retour de la croissance et de s’en remettre, pour créer des emplois, aux seules politiques macroéconomiques. Dans la discussion de 2012, ces deux obstacles ont été surmontés, tant était forte la volonté d’identifier et de préconiser des politiques spécifiques en faveur des jeunes. Aucune solution miracle n’est certes sortie des débats sur la création d’emplois proprement dite, mais s’agissant de l’accès à l’emploi, l’accord s’est établi sur l’efficacité des formules mixtes études-emploi que nous pratiquons en Europe sous la forme de l’apprentissage. Non seulement ces formules garantissent la meilleure adéquation des formations aux besoins économiques, mais elles s’avèrent bien adaptées aux attentes et à la psychologie des jeunes, singulièrement similaires d’un continent à l’autre.

Le membre de la FBF participant à la conférence sur cette question s’est naturellement trouvé à l’aise pour prendre part au débat. En effet, s’il est une gamme de solutions que la profession bancaire française connaît bien, c’est celle de l’apprentissage sous toutes ses formes (contrat d'apprentissage, de professionnalisation). Il lui a donc été possible de faire état d’une expérience en plein développement dans notre secteur, qui concerne tous les degrés de formation, de la fin de l’enseignement secondaire aux niveaux les plus élevés de l’enseignement supérieur.

[1] « Neither in employment nor in education or training ».

 

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