L'actualité des M&A bancaires

Le Crédit Agricole se déleste

La banque verte est sur le point de mettre un terme à deux aventures stratégiques d’envergure initiées dans le courtage actions et en Grèce.

Principales opérations de M&A dans le secteur bancaire mondial

L'auteur

  • Pujals
    • Chargé d'études
      Bureau Van Dijk
    • Economiste bancaire
      CEPN
    • Chargé de cours
      Université Paris Descartes

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°752

Shadow Banking : pas si obscur…

Après plusieurs mois d’attentisme par rapport à leurs concurrentes européennes, les principales banques françaises se sont à leur tour engagées sur la voie des cessions durant l’été. Parmi elles, le Crédit Agricole a fait preuve d’un volontarisme tout particulier, avec pas moins de trois opérations en cours.

Tout d’abord, la banque verte a finalement signé un accord de cession de son courtier asiatique Credit Lyonnais Securities Asia (CLSA) avec la banque chinoise Citic Securities pour un montant supérieur à 1 milliard d’euros (voir Encadré 1). Pour rappel, les négociations avaient débuté il y a plus de 2 ans, en avril 2010. Dans un premier temps, elle cédera 19,9 % du capital de CLSA à Citic pour un montant de 310,3 millions de dollars. Puis, d’ici le 30 juin 2013, Citic pourra acquérir le solde pour 941,7 millions de dollars.

Dix jours plus tôt, le Crédit Agricole avait par ailleurs annoncé être entré en négociations exclusives avec le courtier français Kepler Capital Markets pour céder sa filiale de courtage européenne Cheuvreux. Cette cession était attendue dans la mesure où la banque mutualiste ne cachait plus ces derniers mois sa volonté de se séparer de cette activité non stratégique et déficitaire. Ce projet prévoit la fusion des deux entités pour donner naissance au premier courtier actions en Europe continentale, lequel sera baptisé « Kepler Cheuvreux ». L’opération devrait être bouclée d’ici la fin 2012.

Enfin, le Crédit Agricole a reçu début août plusieurs offres fermes de rachat pour Emporiki, de la part des trois plus grandes banques du pays. Il s’agit de National Bank of Greece, d’Alpha Bank et d’Eurobank. Ces différentes offres sont en cours d’analyse par les dirigeants du groupe. Après avoir longtemps mis sous perfusion la filiale grecque, ils semblent aujourd’hui s’être résolus à céder cet actif. En effet, sa vente permettrait d’éliminer un important foyer de pertes [1]. Au final, Emporiki a déjà coûté près de 10 milliards d’euros à sa maison mère depuis 2006.

Même si le calendrier de la cession n’a pas été fixé, le plus tôt sera le mieux dans un contexte très incertain, où les hypothèses d’échec du plan de sauvetage et de sortie de la Grèce de la zone euro ne peuvent être écartées.

 

Achevé de rédiger le 17 septembre 2012.

[1] 370 millions d’euros au semestre trimestre 2012 et 1,3 milliard d’euros sur l’ensemble du premier semestre 2012.

 

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