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L’alternance dans les banques : un engagement qui ne faiblit pas

Alternance dans les banques

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Cet article est extrait de
Revue Banque n°736

Banques / Assurances : la concurrence s’intensifie

Le gouvernement entend développer l’alternance, se fixant l'objectif d’augmenter de 50 ​% le nombre de contrats d’apprentissage et de contrats de professionnalisation. Une proposition de loi devrait être discutée prochainement au Parlement. Elle prévoit un certain nombre de mesures pour développer l’alternance qui, pour certaines, peuvent paraître comme positives et pour d’autres beaucoup plus contestables, comme l’augmentation du quota d’alternants de 3 à 4 % dans les entreprises de plus de 250 salariés. L’instauration de quota relève d’une approche bureaucratique et stérile sur le long terme, une entreprise ne pouvant s’engager efficacement dans le développement de l’alternance que si elle est convaincue que ce mode de formation est positif pour elle et pour le jeune en formation. Or les obstacles fondamentaux au développement de l’alternance relèvent de l’extrême complexité des dispositifs. Les circuits financiers sont séparés pour l’apprentissage et la professionnalisation alors même que les objectifs sont quasi identiques. En outre, ils sont totalement opaques et ne sont maîtrisés que par une poignée de spécialistes. Les acteurs sont multiples et souvent concurrents : l’État, les régions, les fonds paritaires, les centres de formation des apprentis (CFA), les chambres de commerce ou des métiers. Les entreprises, et encore moins les jeunes, ne sont pas vraiment parties prenantes des décisions, prises par les superstructures publiques ou parapubliques.

Malgré cela, les entreprises bancaires sont fortement engagées dans l’alternance. Depuis plusieurs années, elles emploient environ 8 000 jeunes en alternance, les contrats d’apprentissage représentant un peu moins de 60 % de l’ensemble. Cet engagement est remarquable dans sa constance. Les entreprises sont convaincues de la pertinence de ces dispositifs qui associent très étroitement l’enseignement théorique et la mise en œuvre pratique. La crise financière n’a pas sensiblement entamé le recrutement de jeunes en alternance. Au-delà de cette stabilité globale, il faut cependant noter des évolutions importantes. L’alternance prépare encore très majoritairement pour des diplômes de niveau bac+2 ou 3 mais se développe rapidement au niveau supérieur (bac+5). Ainsi, en 2010 le Centre de formation de la profession bancaire (CFPB) a formé plus de 600 jeunes à des diplômes de niveau master, contre seulement 150 en 2006. Cette évolution est cohérente avec la montée en qualification des métiers bancaires observée depuis longtemps mais qui tend à s’accélérer ces dernières années. À l’inverse, les entreprises bancaires se sont engagées dans la voie de la diversification des recrutements vers des publics de moindre niveau. Sur la base d’un partenariat entre l’AFPA et le CFPB, environ 200 jeunes peu ou pas qualifiés ont été formés pour des métiers de chargés d’accueil ou de téléconseillers. Des actions de même type ont également été menées pour des personnes handicapées et ont concerné plus de 300 personnes. Au total, plus de 500 ​personnes ont bénéficié de ces dispositifs de diversification des recrutements. Ces opérations se poursuivent en ​2011 vers d’autres métiers, en particulier les conseillers de clientèle particuliers.

 

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