Crise sanitaire

Le télétravail au cœur de réorganisations durables dans les banques

Alors que les incertitudes sont grandes concernant la situation sanitaire en France en cette rentrée, le télétravail, mis en place à grande échelle dans les banques pendant le confinement, reste déployé et devient un sujet prioritaire de long terme.

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Revue de l'article

Dans les banques françaises, près de 90 % des salariés hors agences ont pu être placés en télétravail lors du confinement. Le déconfinement a induit un retour partiel au travail en présentiel, mais aussi une extension de la mise à disposition des outils de télétravail.

« Les banques ont toutes réfléchi à plusieurs scénarios en cas de reconfinement partiel ou total et peuvent mettre en place le télétravail de façon définitive si un reconfinement est imposé, indique Charles-Ambroise Callu, Associate Partner chez Square. Depuis la fin du confinement, le déploiement massif du télétravail s’est poursuivi dans les banques, avec la mise en place des accès VPN pour une très grande partie des activités. Il y a eu une extension des accès à distance à des services moins prioritaires au départ, et seules les activités qui ne peuvent se faire que sur place n’en disposent pas aujourd’hui. »

Le recours au télétravail est resté massif après le déconfinement. « La reprise des activités en présentiel s’est effectuée de manière progressive sur plusieurs semaines et les banques maintiennent leurs importants efforts sur le télétravail », précise la FBF.

Chaque entité s’est organisée à sa manière. « Dans les fonctions centrales, on constate que le fonctionnement du télétravail varie d’une banque, d’une direction et d’un service à l’autre. Tous les cas de figure existent. Certaines banques ont adopté le principe de la rotation d’équipe, avec la présence d’une équipe une semaine sur deux voire sur trois. D’autres demandent d’être présent de façon hebdomadaire sur site, au moins une fois par semaine, ou plus. Une banque a demandé à ses collaborateurs d’être en télétravail maximum 2 ou 3 jours par semaine avec une organisation basée sur le volontariat… », détaille Charles-Ambroise Callu.

Pilotes en cours

À la veille de la rentrée de septembre, alors que la situation sanitaire et les recommandations du gouvernement pourraient faire évoluer les choses, les salariés étaient peu enclins à cesser le télétravail. « Lorsque le retour sur site s’est fait sur la base du volontariat, on est loin du compte. Dans les open spaces qui peuvent accueillir 50 % des collaborateurs, on est entre 15 et 20 % de présence maximum, observe Charles-Ambroise Callu. Les collaborateurs n’ont pas envie de perdre du temps dans les transports, il y a aussi l’angoisse de se retrouver en réunion avec d’autres collègues ou à déjeuner le midi à la cantine en tenant compte des contraintes sanitaires… ce sont des freins qui incitent les collaborateurs à préférer le télétravail. »

Certaines banques qui prévoyaient de demander un retour à un peu plus de présentiel à la rentrée pourraient revoir leurs projets du fait de la reprise de l’épidémie et des recommandations officielles.

Au-delà de la crise sanitaire, des réflexions sur le long terme devraient pérenniser des formes de télétravail. « Aujourd’hui les banques avancent très vite sur les méthodes de travail en cas de télétravail. Plusieurs expériences et pilotes sont en cours, pour voir quelle tendance doit émerger pour les années futures, Covid ou pas. On cherche à évoluer vers de nouvelles méthodes de travail collaboratif pour mettre en place un modèle fiable et performant dans le temps », rapporte Charles-Ambroise Callu. Le télétravail devient aussi une opportunité de réduction des coûts. « Il y a une vraie réflexion dans les banques concernant la gestion du parc immobilier aujourd’hui car il y a des opportunités pour générer des économies et protéger les marges, si la rotation du personnel devient pérenne », ajoute le consultant.

 

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