Emploi bancaire : la fin de l’âge d’or ?

Revue de l'article

Si le secteur bancaire a longtemps été perçu comme un pan préservé de l’emploi en France, ce sentiment s’est estompé ces dernières années. C’est en tout cas ce que montre une enquête sur les risques psychosociaux commandée par le syndicat SNB/CFE-CGC et réalisée de manière indépendante par l’université Droit et Santé Lille 2. 37 % des 6 700 répondants ont estimé que leur sécurité d’emploi était menacée. « C’est une inversion de tendance par rapport aux précédentes enquêtes, ce chiffre étant en augmentation de 8 points par rapport à 2014 », note Xénophon Vaxevanoglou, ergonome et psychologue du travail, en charge de l’étude. En 2011, seuls 23 % des salariés s’inquiétaient même pour leur emploi. De fait, les effectifs se sont réduits de 0,9 % en 2014, de 0,6 % en 2015 et de 0,3 % en 2016, sur une population de 370 300 salariés. Mais c’est surtout l’anticipation de la vague de digitalisation des métiers qui jette le doute. Entre l'annonce de fermetures d’agences, le développement de l’intelligence artificielle et l'arrivée médiatisée des robots, le banquier peine à voir où sera sa place demain. Si 80 % des salariés estiment que ses compétences actuelles sont suffisantes pour l’avenir, cette proportion accuse une baisse de 3 points depuis 2014. « Ils commencent à manifester des doutes concernant l’adéquation de leurs compétences à l’évolution des métiers, souligne Régis Dos Santos, président du SNB. Les besoins d’investissements massifs dans le digital ne sont pas une raison pour négliger la formation professionnelle. » Un appel qui fait écho aux annonces des représentants de la profession : selon les derniers chiffres de l’AFB, en 2015, 4,3 % de la masse salariale ont été consacrés à la formation, contre 2,7 % en moyenne dans le reste de l’économie, et une certification professionnelle sur les compétences numériques a été créée.

 

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