Paiement sans contact

La Turquie à l’heure du mobile

Si le paiement sans contact est plutôt discret en France, et le paiement sur téléphone mobile quasi inexistant, ce n’est pas le cas en Turquie. Là-bas, les premières expérimentations ont commencé en 2006 et plusieurs solutions commerciales sont en cours de diffusion.

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Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°742

Numéro double : Rétrospective 2011- Prospective 2012

Et si le futur du paiement mobile européen s’écrivait déjà à l’Est ? En Turquie, les premières expériences de paiement sans contact datent de 2006. 5 ans plus tard, banquiers et opérateurs sont passés de la multiplication des pilotes de test au lancement d’offres commerciales. Par rapport à la France, deux choses sont particulièrement marquantes.

Premièrement, l’État et les collectivités locales n’ont pas eu leur mot à dire dans la décision de passer au sans contact. Ce sont les acteurs privés, banques et opérateurs de téléphonie mobiles, qui sont les moteurs des différents projets. Et si, historiquement, deux d’entre eux – Garanti pour le monde bancaire et Turkcell pour la téléphonie mobile – ont été les pionniers en lançant des offres nouvelles, ils n’ont pas choisi de rester dans un monde enfermé. Ainsi, quand Garanti a lancé ses stickers et montres NFC, en 2008, ou ses applications bancaires, il n’a pas privilégié un opérateur en particulier. De la même façon, le portefeuille mobile lancé par Turkcell avait dans un premier temps uniquement Garanti comme banque associée, mais il est à présent ouvert à trois banques et bientôt à onze établissements.

Un écosystème de services associés

Deuxième fait marquant : le paiement en soi n’est pas suffisant. Tout un écosystème de services s’est développé de cette fonction. Côté bancaire, le paiement est souvent lié avec des cartes de fidélité et des opérations de couponing immédiat. Côté opérateur, l’utilisation du porte-monnaie ou des cartes stockées dans le téléphone peut être récompensée par l’octroi de temps de communication supplémentaire. Ce système se révèle très incitatif, dans un pays où la téléphonie mobile est commercialisée principalement par des cartes prépayées, plutôt que par des forfaits mensuels. De plus, d’autres services viennent se greffer :

  • 12 villes de Turquie – dont Istanbul – proposent des systèmes de billetique sans contact compatibles avec les téléphones NFC ;
  • le virement de personne à personne via les cartes ParaCard prend son essor ;
  • le péage sur les autoroutes est compatible ;
  • les chèques-déjeuner peuvent être dématérialisés ;
  • la prochaine édition du portefeuille mobile comprendra de la géolocalisation pour des offres dédiées.

Le principal point d’achoppement, le paiement du service, a également été levé. Turkcell propose gratuitement ses services de TSM [1] – entité chargée de gérer les différentes applications et les droits liés sur la carte à puce, ici une SIM – et les opérateurs facturent aux banques l’intégration de leurs cartes dans le porte-monnaie électronique, qui à leur tour l’incluent dans le prix des cartes facturées au client. Pour les cartes prépayées (destinées principalement aux personnes non bancarisées), ce service est vendu 2 euros par an.

[1] Trusted Services Manager.

 

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