Rencontre avec...

Slimpay : « Nous émettons 30 à 40 % des SDD en France »

Un an après avoir obtenu son agrément de la Banque de France en tant qu’établissement de paiement, Slimpay se concentre sur la gestion des mandats dans le cadre du prélèvement SEPA. Avec succès ?

L'auteur

Revue de l'article

Revue Banque : Quel bilan tirez-vous de cette première année d’activité ?

Jérôme Traisnel: Nous avons eu la confirmation de ce que nous avions anticipé avec deux accélérateurs : l’adoption des end dates du prélèvement à la française au 1er février 2014 et le boom des « subscription business » avec l’abonnement sur Internet et celui du cloud computing. Même dans la vie réelle : abonnements à Vélib’, location de voiture, AMAP, salles de sport, Club des créateurs de beauté, etc. Les end dates poussent les créanciers à préparer la migration vers le prélèvement SEPA. Ceux-ci doivent désormais récupérer les mandats, les captures, les dématérialiser et les stocker. À chaque mensualité, il faudra aller chercher des données dynamiques dans le mandat. L’une des solutions que l’on pousse, c’est l’adoption d’un mode SAAS [1], où les clients bénéficient d’un prestataire qui se chargera de tout sans modifier leurs systèmes d’information et avec une compatibilité ascendante [2]. Concernant l’abonnement, la carte bancaire n’est pas adaptée pour facturer un abonnement vu l’obsolescence des identifiants. Nous avons aujourd’hui une vingtaine de clients e-commerçants qui nous demandent de les aider à passer de la carte bancaire au prélèvement. De plus, avec notre solution de signature électronique du mandat, le problème de l’obtention écrite d’une autorisation de prélèvement est levé.

Avez-vous atteint vos objectifs en terme de clientèle ?

Aujourd’hui, nous avons une trentaine de clients. Ce sont des clients plutôt gros – Nespresso, EDF, Priceminister, SeLoger.com, Club Med Gym –, car la question de l’obsolescence de la carte bancaire n’est cruciale qu’à partir du moment où il y a un volume de transactions. Aujourd’hui, nous gérons environ 30 000 prélèvements par mois, tous en SDD [3]. Nous serions d’ailleurs l’un des premiers « émettants » bancaires de SEPA, avec 30 à 40 % des SDD émis en France. Nous débitons des comptes français, mais également à l’étranger dans une dizaine de pays de la zone SEPA.

Une réponse pour réduire le churn à l’expiration de la carte bancaire

Comment vous situez-vous par rapport aux banques françaises ?

Certains réseaux bancaires se sont rapprochés de nous pour que nous nous occupions du mandat pour leurs clients dans le e-commerce. Lors du parcours client, celui-ci voit exactement la même chose sauf que la banque du commerçant apparaît à la place de Slimpay. Ces banques ne sont pas encore clientes, ce n’est encore que de la prospection. Les banques françaises sont assez en retard sur le SEPA et commercialement elles ont envie de dire qu’elles ont les outils pour aider leurs clients. Nous pourrions être une solution.

Comment voyez-vous l’avenir ?

Je n’ai presque pas le temps de faire de la prospection. Quasiment tous nos clients viennent par appel entrant. Ils ont mûri et sont très demandeurs pour réduire leurs churn [4]. Nous essayons de simplifier la vie du consommateur en ne l’embêtant pas sur la date de fin et en réduisant les prix pour nos clients. Ainsi, alors qu'un mandat papier coûte entre 5 et 7 euros pour son traitement, avec Slimpay, ce coût est réduit de 30 à 50 %. De même, alors que, pour le commerçant, le paiement par carte bancaire se divise en un coût fixe de 0,07 à 0,15 euro et un pourcentage du panier (entre 0,5 et 1,5 %), le système du prélèvement n’engendre que des coûts fixes pour le commerçant.

 

Propos recueillis par Stéphanie Chaptal

[1] « Software as a service », voir le dossier de ce numéro p. XX.

[2] Quelles que soient les modifications futures des normes, NDLR.

[3] SEPA Direct Debit.

[4] Départ des abonnés vers d'autres offres, NDLR.

 

Articles du(des) même(s) auteur(s)

Sur le même sujet