Service à valeur ajoutée

« SEPAmail est une aventure d’innovation »

Créé le

09.04.2013

-

Mis à jour le

10.04.2013

La mise en marché de SEPAmail devrait intervenir dans les prochains mois. Ce service de messagerie sécurisée permet d’effectuer de façon simple et dématérialisée des échanges liés aux paiements comme la gestion des mandats des prélèvements SEPA, les règlements de factures, des paiements sur Internet et des échanges documentaires.

Quel est le mode de fonctionnement de SEPAmail ?

SEPAmail est une messagerie sécurisée qui fait circuler des flux XML utilisant le BIC et l’IBAN comme identifiants, sur des standards existants totalement ouverts. Le paiement de factures dématérialisées, par exemple, utilise le schéma SCT ; les messages échangés dans SEPAmail sont largement assis sur des standards ISO. Une autre particularité de SEPAmail est d’être un réseau sans infrastructure centrale, ce qui permet à chacun de l'utiliser librement, à partir de règles du jeu communes et d’une contribution modeste nécessaire pour assurer la mise à disposition et la maintenance du système. Les différents services développés par SEPAmail sont aussi communautaires car en matière de paiement, contrairement à d’autres opérations bancaires, vous ne pouvez pas jouer tout seul : l'émetteur et le récepteur du paiement doivent avoir des réseaux standardisés pour échanger des messages et des flux de paiement.

La société SEPAmail.eu, gestionnaire du système, n’a ainsi d’autre vocation que d’être un scheme manager, c’est-à-dire veiller à la protection des règles du jeu mises en place, à leur maintenance ou à leur évolution, ainsi qu’à l’administration du club des utilisateurs de SEPAmail et à la mise à disposition du réseau aux prestataires de paiement. La partie commercialisation et concurrentielle d’exploitation des services SEPAmail est à la main des prestataires de paiement, banques et autres, dans leur relation avec leurs clients, administrations, entreprises ou particuliers. À partir de la base commune, ceux-ci peuvent en effet formater leurs propres offres : par exemple, sur le service de paiement de factures, la mise à disposition auprès du débiteur de l’information et de la validation en un clic de la facture peut se faire sur sa banque en ligne, son smartphone, éventuellement à partir d’un DAB, ou être incorporé dans un wallet.

Quels sont les prestataires de paiement intéressés ?

Nous avons de nombreux contacts avec des banques françaises et européennes, des prestataires non bancaires, des SSII qui évoluent dans l’informatique des paiements. Nous constatons d’ailleurs avec satisfaction que beaucoup d’acteurs s’approprient SEPAmail pour en faire la promotion. Nos contacts se limitent pour l’heure à la sphère européenne, mais le dispositif pourrait s’étendre à l’international, puisqu’il est conçu sur des standards internationaux.

D’où vient l’initiative SEPAmail ?

SEPAmail n’est pas un projet institutionnel, au sens interbancaire du terme ; c’est une initiative privée, rejointe à ce jour par cinq banques, et qui est ouverte à tous les prestataires de paiement qui le souhaitent.

Le principe de SEPAmail a été inventé il y a 5 ans dans le groupe BPCE (à l’époque Caisse Nationale des Caisses d’Épargne). Les Banques Populaires et le Crédit Mutuel ont tout de suite embrayé sur cette idée, avant même la création de la société SEPAmail.eu. Les autres banques [1] partenaires ont été convaincues que le projet recelait un potentiel suffisant d’innovations et de nouveaux services et ont rejoint le dispositif. Nous nous répartissons les travaux techniques, informatiques, juridiques et ceux liés à la sécurité.

SEPAmail.eu a aujourd’hui deux actionnaires historiques, BPCE et Crédit Mutuel, mais ils seront rejoints par les trois autres banques dans les mois qui viennent. Le capital sera alors également réparti entre les cinq actionnaires.

Rappelons qu’il n’est pas nécessaire d’être actionnaire pour utiliser SEPAmail et que chaque prestataire de paiement utilisateur de SEPAmail pourra réfléchir de son côté aux services qu’il souhaitera promouvoir auprès de ses clients.

Où en est le lancement de SEPAmail ?

Des pilotes sont en cours avec différents intervenants. Le premier mis en œuvre porte sur le contrôle des IBAN. Ce dispositif est expérimenté maintenant depuis plusieurs années avec SFR, qui a été pionnier dans la dématérialisation de l’entrée en relation avec un client pour l’achat d’un téléphone et de son abonnement. Mais l’autorisation de prélèvement faisait toujours l’objet, au final, d’un courrier papier envoyé à la banque du débiteur ; nous intervenons sur cette partie pour achever la dématérialisation.

La mise en marché progressive du service de paiement de factures aura lieu entre le deuxième semestre 2013 et 2014. Certains trouvent peut-être que le lancement ne va pas assez vite, mais en matière de paiement ou de services autour du paiement, la mise en œuvre des process est très longue ; il faut tenir compte de contraintes réglementaires, juridiques et de sécurité ; et dans l’innovation, plus le service est simple pour l’usager, plus la mise au point en amont est complexe. Pour pouvoir mettre en marché un service de paiement quel qu’il soit, avec un niveau suffisant de fiabilité et de sécurité, il faut compter entre 18 mois et 2 ans. Par ailleurs, il est évident que du point de vue du superviseur de la Banque de France, le service doit être parfaitement sécurisé. Le lancement se fera principalement en France, même si nous avons déjà des contacts en Europe pour en faire dans plusieurs pays, le moment venu, un écosystème européen.

Quels autres services sont à l’étude ?

SEPAmail, qui est capable de véhiculer n’importe quel type de message d’information standardisée, a le potentiel pour traiter tout le process de la facturation électronique, qui est depuis plusieurs années, il faut bien le dire, un serpent de mer. Une fois que nous aurons un nombre significatif d’entités connectées à SEPAmail, nous pourrons déployer des services, en particulier en BtoB [2] . Nous pensons que SEPAmail, à cet égard, est plus efficace que beaucoup d’initiatives européennes sur l’e-invoicing qui ne rencontrent à ce jour qu’un succès mitigé.

En fait, il ne se passe pas une semaine sans que ne remontent toutes sortes d’idées sur les utilisations futures de SEPAmail, compte tenu de la grande souplesse du service. Mais si nous sommes très à l’écoute de notre marché, il nous faut aussi rester raisonnable pour que le réseau reste gérable : nous sommes encore dans une phase d’apprentissage et notre feuille de route est déjà à peu près remplie pour les deux prochaines années. Parallèlement, il faut également que nos utilisateurs trouvent le modèle économique lié aux services qu’ils commercialiseront à partir de la base SEPAmail.

Quoi qu’il en soit, SEPAmail est une aventure d’innovation, qui combat l’idée reçue selon laquelle les banques ne font que protéger leur modèle existant, et nous espérons voir venir au tour de table le plus grand nombre possible d’acteurs.

 

1 BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale. 2 Business to Business.

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº313
Notes :
1 BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale.
2 Business to Business.