Moyens de paiement : quelles solutions pour remplacer le TIP ?

C’est officiel : dans moins d’un an, le titre interbancaire de paiement va disparaître. Face à différentes solutions de remplacement, les banques et les créanciers sont-ils prêts ? Malgré la volonté de la Banque de ​France, rien n’est moins sûr.

1988-2016. Maintenant que les moyens de paiement SEPA sont bien implantés en France, la date officielle de la mort du titre interbancaire de paiement (plus familièrement appelé TIP) se rapproche inexorablement. Elle est programmée pour le 1er février 2016 et d’ici là, banques, créanciers et prestataires de moyens de paiement devront avoir remplacé le TIP par une solution ou une autre. Pour autant, tout n’est pas encore aussi évident. Ainsi, Anton Bielakoff, ancien DSI de Banques Populaires et nouveau directeur général du prestataire de paiement Lyra Networks, estime que « derrière la end date de 2016, nous pourrons peut-être constater un report, comme ce qui s’est passé pour le SEPA. Le TIP est une problématique pleine et entière pour les grands créanciers. La disparition du TIP pourrait être un moyen de pousser à SEPA Mail, moyen de paiement mis en place par cinq grandes banques françaises pour payer des factures dématérialisées et censé décoller fortement par la déréglementation du TIP. Or les grands créanciers sortent d’une migration informatique lourde avec le SEPA SDD et pour être prêts en février, ils devraient se consacrer rapidement à SEPA Mail qui n’a par ailleurs pas grand-chose à voir avec cette dernière. » Outre le manque de temps pour implémenter ce protocole, les grands créanciers ne se précipitent pas vers SEPA Mail, qui ne leur permet d’atteindre que de 70 à 80 % de leurs clients.

Du coup, les banques proposent plusieurs solutions de remplacements. Chez LCL, Olivier Mouchet, responsable développement des offres flux et cash management au sein de la direction des paiements et commerce international, explique que les clients particuliers pourront utiliser soit le TIP SEPA, « dont le fonctionnement est calé sur celui du TIP, mais qui débouche sur un prélèvement SEPA CORE pour la banque », soit SEPA Mail : « les créanciers qui souhaitent utiliser cette solution transmettront, via les banques, des demandes de règlement à leurs clients débiteurs. Ceux-ci pourront valider leurs factures directement sur leur banque en ligne ou via une application. Le règlement sera réalisé sous la forme d’un virement SEPA. » Mais il reconnaît que, du côté des créanciers, tout n’est pas prêt : « les délais de mise en place d’une solution comme le TIP SEPA, par exemple, ont souvent été un peu sous-estimés. De ce fait, si les mouvements sont enclenchés, les bascules effectives se feront plutôt à partir du dernier trimestre. » Même constat à la Société Générale. La banque proposera également les deux solutions et sensibilise actuellement ses clients créanciers : « un courrier leur a été adressé fin mai 2015 pour les informer de l’arrêt prochain du TIP et du télé-règlement et des impacts de la migration », affirme Isabelle Grenier, responsable des produits de paiements chez Société Générale. « Nos clients créanciers sont suivis individuellement par des chargés d’affaires qui les accompagnent dans le choix et la mise en place du nouveau moyen de paiement. » D’autres banques ne sont, quant à elles, pas encore dans cette problématique. Ainsi, le Crédit Coopératif en pleine migration de son système informatique intégrera le remplaçant du TIP dans son nouveau système, mais il n’a pour l’instant pas encore décidé de la forme qu’il prendra, ni communiqué avec ses clients. Là encore, la bascule à la fin de l’année 2015 est visée avec une promesse d’être prêt à temps.

 

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