Gestion des notes de frais : « la bonne approche est de partir d’une carte de paiement »

Créé le

24.05.2019

-

Mis à jour le

28.05.2019

Mooncard commercialise une carte corporate dont l’usage s’adapte à tous les types de dépenses professionnelles, que ce soit des notes de frais ou des achats de fournitures. Grâce à une gestion intégrée de la carte avec les fonctions comptables et à son caractère fortement paramétrable, Tristan Leteurtre entend apporter une solution définitive au casse-tête de la gestion des notes de frais et achats d’entreprise.

D’où vient l’idée de Mooncard ?

Ingénieur de formation, j’ai travaillé puis créé une première société dans le domaine la diffusion vidéo, que j’ai dirigée pendant 12 ans. Nous étions alors une centaine de collaborateurs qui réalisaient beaucoup de ventes à l’international, la société étant présente dans 9 pays. Et le sujet des notes de frais des achats était un véritable casse-tête ! J’ai été marqué par les commerciaux qui se plaignent de devoir avancer l’argent, le service comptable incapable de finaliser le reporting parce que les commerciaux n’ont pas rendu leurs notes de frais, les services financiers qui passent leur temps à courir après les justificatifs… Or ce sujet touche toutes les entreprises, quelles que soient leur taille et leur activité. Les solutions existantes sous forme de cartes bancaires corporate m’ont semblé peu adaptées, car insuffisamment flexibles par rapport à ces besoins.

Mooncard a ainsi été créée en 2016, avec l’idée qu’il ne suffit de créer une application pour digitaliser ou optimiser les notes de frais, mais qu’il faut les faire disparaître purement et simplement ! Et pour cela, la bonne approche est de partir d’une carte de paiement, qui déroule ensuite toutes les fonctionnalités pour gérer de façon intégrée les notes de frais, avec des avantages en termes de gain de temps et de contrôle. Nous avons développé notre solution en un an, avec Mastercard sur la partie paiement et sur la base d’un accord avec un émetteur de paiement réglementé allemand, Wirecard. La commercialisation a débuté à l’été 2017 auprès de PME et ETI, puis progressivement auprès de grandes entreprises françaises. En 18 mois, environ 1 200 entreprises ont adopté notre solution. Nous ciblons notamment les sociétés de moins de 5 000 salariés, car nous avons constaté qu’aucune n’avait de flotte de cartes collaborateurs, hormis la carte du dirigeant. Notre objectif à 3 ans est d’atteindre 15 000 entreprises clientes en distribuant plus de 200 000 cartes. Pour y parvenir, nous venons de lever 5 millions d’euros en série A [1] , notre premier tour institutionnel auprès de Aglaé Venture, un fonds d’investissement du groupe Arnault LVMH, et Raise Venture.

Quelles sont les fonctionnalités de Mooncard ?

C’est une carte de paiement qui permet à son porteur de payer partout, sur internet comme dans les commerces, dans la limite des fonctions et plafonds prévus par l’entreprise. En pratique, la carte est utilisée à la fois pour régler les notes de frais des collaborateurs, mais aussi très souvent pour des cas d’achats : cela représente plus de 50 % des dépenses. Cela correspond aux usages notamment dans les PME, où notes de frais et achats constituent une même problématique.

Cette fonction de paiement est directement couplée avec un logiciel de gestion des notes de frais et des achats. À chaque paiement, l’utilisateur reçoit un SMS qui lui rappelle de prendre en photo son reçu : c’est une démarche proactive qui nous paraît importante pour rappeler à l’utilisateur de transmettre sa note de frais. Mais contrairement à beaucoup de logiciels de gestion des notes de frais, qui tirent leurs informations de la reconnaissance d’image des photos prises selon une technologie assez peu fiable, la photo sert uniquement de preuve pour les services comptables, car la facture est déjà préétablie grâce aux données de paiement que nous récupérons en temps réel : code marchand, donc nature du commerce, date, heure, montant, etc. Nous proposons également de connecter ce logiciel à d’autres sources, comme les mails et les agendas, car cela permet d’enrichir les informations autour de la finalité de chaque transaction.

D’autres fonctionnalités de la carte servent aux directions financières, avec plusieurs niveaux de reporting. Nous fournissons des relevés de dépenses avec la TVA, la nature de dépenses, mais ceux-ci peuvent aussi être configurés avec des codes analytiques, car certaines sociétés veulent pouvoir identifier les transactions qui doivent être refacturées à leurs filiales ou à des tiers, ou identifier des dépenses liées à un projet donné pour en évaluer la rentabilité. Enfin, le logiciel peut également générer des écritures comptables : il est en effet possible de pousser directement les écritures vers les principaux logiciels comptables du marché, comme Sage, Cegid ou SAP.

Qu’en est-il des plafonds et limitations ?

La carte est entièrement paramétrable par l’entreprise : elle peut être activée, par exemple, dans certaines régions uniquement, ou pour certains types d’achat, sur certains jours, ou être désactivée le week-end ; il est possible d’autoriser ou non le paiement sur Internet, ou les retraits dans les distributeurs. Elle fonctionne en temps réel : l’administrateur de la solution peut modifier ces paramètres à tout moment et avec une prise d’effet immédiate. Il peut aussi autoriser de façon instantanée un paiement au-delà des plafonds fixés.

Outre le SMS reçu par l’utilisateur pour chaque note de frais, l’entreprise peut également décider que chaque paiement supérieur à un certain seuil sera signalé par SMS au manager. C’est très rassurant pour l’entreprise et cela évite les mauvaises surprises lors de la réception des relevés.

Comment est facturée cette carte ?

Son prix varie entre 12 et 15 euros, selon le volume, par carte et par salarié. Le prix inclut l’accès au logiciel de note de frais. Mooncard perçoit par ailleurs une quote-part de la commission d'interchange sur les transactions.

Quelles sont vos perspectives ?

Nous avons annoncé en début d’année un partenariat avec Allianz pour offrir des services d’assurances et de rapatriement. Mais à terme, nous pensons qu’un collaborateur peut avoir un ordinateur de fonction, un téléphone de fonction, et pourquoi pas, une carte de fonction…

 

 

 

 

 

 

1 La Série A correspondent à la première levée de fonds par tour de table d’une start up (suivis pas les Séries B et C).

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº833
Notes :
1 La Série A correspondent à la première levée de fonds par tour de table d’une start up (suivis pas les Séries B et C).