Cet article appartient au dossier : Rétrospective 2013.

Finance décalée…

Le loup de Wall Street

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Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°767

Numéro double 767-768 : Rétrospective 2013 - Prospective 2014

Finance fiction …

Goldman Sachs serait prêt à quitter le Royaume-Uni en cas de sécession

Les voix des eurosceptiques se font toujours plus nombreuses au Royaume-Uni. En juillet 2013, les députés britanniques ont voté une loi garantissant la tenue d'un référendum sur l'appartenance du pays à l'Union européenne d'ici à 2017. Ce texte est venu donner corps à une promesse faite par David Cameron dans l'hypothèse de sa réélection en 2015.

Cette éventualité ne fait manifestement pas les affaires de Goldman Sachs. Michael Sherwood, vice-président de la banque, a récemment déclaré que son établissement se tenait prêt à déplacer l'essentiel de ses équipes en zone euro, « Paris et Francfort étant les deux points de chute les plus probables [1] ». À tel point que le projet de construction d'un nouveau siège à Londres devra attendre l'issue du référendum…

Un salaire en bitcoin, une FBI (Fausse bonne idée) ?

La folie du bitcoin a encore frappé. À compter du mois de janvier 2014, le chef de la police de Vicco, bourgade de 330 âmes située dans le Kentucky, devrait percevoir ses salaires dans cette monnaie virtuelle. La paie du fonctionnaire, libellée en dollars, nette de charges, sera convertie puis déposée sur un compte détenu par la ville. La somme sera ensuite versée sur le compte personnel du chef de la police. Après une période de stabilisation aux alentours de 200 dollars, le cours de la monnaie virtuelle a récemment littéralement explosé pour dépasser les 1 000 dollars.

Pour la ville, cette décision est une nouvelle opération destinée à attirer l’attention des médias. Au mois de janvier déjà, Vicco avait défrayé la chronique dans un Kentucky religieux en abrogeant toute discrimination liée au genre ou à l'orientation sexuelle.

Culture et finance

En librairie : Au cœur de la crise

En cette fin d’année la maison d’édition Le Jardin des Livres publie la traduction française du best-seller de Satyajit Das, Extreme Money. L’auteur, un spécialiste reconnu de la finance et de la gestion des risques, y raconte sans concession la crise de 2007, vécue de l’intérieur. Il y décrit les mécanismes qui ont conduit à la création de bulles spéculatives, et comment, encore aujourd'hui, cette finance fausse et folle contribue à créer des fortunes colossales, faisant émerger de nouveaux « maîtres du monde ».

Satyajit Das, Extreme Money, Le Jardin des Livres

Au cinéma : Le Loup de Wall Street

Martin Scorsese livre l’adaptation de l’autobiographie de Jordan Belfort, un courtier en Bourse new-yorkais de la fin des années 1980. Surnommé du temps de sa gloire le « Loup de Wall Street » par ses pairs, sa fortune a été aussi rapide et vertigineuse que sa chute. L'histoire de ce trader est empreinte de tous les excès auxquels l'argent peut donner accès. Condamné dans le cadre d'une arnaque financière, il a passé 20 mois en prison. Condamné à rembourser ses victimes, il fait encore aujourd'hui l'objet d'une saisie de ses revenus. Interrogé sur France 2, Leonardo DiCaprio a déclaré que cette histoire était à l'image d'une certaine culture moderne.

Avec Leonardo DiCaprio et Matthew McConaughey.

Au théâtre : Chapitres de la chute

La finance est désormais aussi une source d’inspiration pour le théâtre : le metteur en scène de la Comédie Saint Étienne, Arnaud Meunier, a présenté en octobre à Paris (à la Comédie Saint Étienne puis au Théâtre du Rond Point), Chapitres de la chute, Saga des Lehman Brothers,  une pièce de quatre heures sur la création, l’ascension et la chute de la banque Lehmann Brothers.  Bien accueillie par la critique et les spectateurs, celle-ci débute avec l’arrivée sur le continent américain des trois frères Lehman, immigrants bavarois, qui vont en quelques années passer du commerce du tissu, à la vente de coton, puis à la Bourse du coton. Comme le souligne Fabienne Darge dans Le Monde du 13 novembre, « Chapitres de la Chute montre ainsi, en une vraie leçon d’économie vivante, comment on passe d’un capitalisme commercial,  concret, à un capitalisme financier de plus en plus immatériel et abstrait ». La pièce est en tournée jusqu’en février 2014 de Luxembourg à Nice, en passant, entre autres, par Caen, Valence, Dijon et Lyon.

La finance autrement

La finance dans les pays émergents

Séverine Leboucher, journaliste à Revue Banque, a entrepris depuis juin 2013 et jusqu’en juin 2014 un périple en Amérique Latine, en Inde et bientôt en Afrique, à la recherche d’initiatives locales originales en matière d’inclusion bancaire et financière, qui montrent combien le commerce de l’argent peut s’adapter à l’économie réelle. Ainsi, au Pérou, pour assurer la distribution des allocations familiales même dans les régions les plus reculées, la banque publique Banco de la Nacion a affrété des véhicules 4x4 qui sillonnent les routes, équipés d'antenne satellite nécessaire pour faire fonctionner les terminaux à cartes (POS), a installé de petites agences bancaires sur des navires militaires qui circulent sur l’Amazone et projette d’utiliser bientôt des hélicoptères. En Inde, relate Séverine Leboucher, « les populations à bas revenus peuvent accéder aux services financiers de base grâce à leur empreinte digitale. Une poignée de prestataires joue les intermédiaires entre les banques et ces clients jusqu'ici non bancarisés ». Ou encore elle décrit le parcours de Sucharita Mukherjee qui, son MBA en poche, intègre les équipes de dérivés de crédit de Deutsche Bank à Mumbai puis à la City de Londres ; douze ans plus tard, elle dirige à Chennai en Inde une institution qui vise à utiliser les outils de la « grande finance » pour servir les enjeux du développement.  Rendez-vous sur lafinanceautrement.blog.youphil.com

La banque pontificale en quête de respectabilité

Le 1er octobre dernier, IOR [2], la banque du Vatican, a publié pour la toute première fois depuis sa création en 1942 son rapport annuel. Celle-ci affiche un résultat net de 87 millions d’euros, plus de quatre fois supérieur à celui de 2011 (20 millions). Elle gère 7,1 milliards d’actifs, dont 85 % pour le compte des 5 200 institutions catholiques clientes et 15 % pour le compte de ses 13 700 clients particuliers (ecclésiastiques, employés ou anciens employés du Vatican). Son ratio de fonds propres atteint 15,4 %. Cette publication est une des étapes de la réforme entreprise par le pape François pour clarifier les activités de la banque pontificale, plusieurs fois soupçonnée d’activités liées à la corruption et au blanchiment d’argent sale au cours des dernières années.

Entre autres mesures, une Commission d’experts a été nommée au cours de l’été pour y voir plus clair dans le fonctionnement de l’établissement et présenter des propositions pour  son avenir ; un poste de directeur de la gestion des risques a été récemment créé ; l’IOR s’est également adjoint les services du cabinet de conseil Promontory pour renforcer son dispositif de lutte contre le blanchiment d’argent sale et le financement du terrorisme (LAB-FT), dont l’amélioration a déjà pu être constatée par Moneyval [3] dans son rapport d’évaluation publié le 12 décembre.

Culture geek

Sun Gard lance un « corporate hackaton »

S'inspirant des meilleures pratiques des start-up, SunGard a organisé le premier « corporate hackaton » de son histoire, à l'initiative de son CTO, Steven Silberstein. « Le geek est cool, mais le glamour a tendance à être l'apanage des start-up et des technologies orientées clients », a-t-il déclaré. Le CTO de SunGard, qui a participé à la construction de Chi-X, considère qu'il est possible de faire montre de créativité dans le domaine des technologies appliquées à la finance. Pendant deux jours, 103 équipes issues de 17 villes ont donc rivalisé d'ingéniosité pour développer des solutions innovantes. C'est ainsi qu'à Oxford, une nouvelle forme de visualisation du risque de crédit a vu le jour ; à Bangalore, les développeurs ont conçu un outil de trading algorithmique alimenté par d'importants flux de données en continu.

Le succès de cette première édition a entériné la tenue d'un événement similaire en 2014.

[1] Source : « Goldman Sachs menace de quitter Londres », Les Échos, 3 décembre 2013.

[2] Institut pour les œuvres de religion.

[3] Comité d’experts sur l’évaluation des mesures de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme du Conseil de l’Europe.

 

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