Comment l’épidémie de Covid-19 et les différentes mesures de confinement et de distanciation prises en réaction ont-elles fait évoluer le comportement en matière de paiement des consommateurs ? Avez-vous constaté l’émergence de certaines pratiques de paiement liées à cette situation ?
Nous constatons que la pandémie Covid-19 a accéléré certaines tendances dans la façon de payer et être payé. Le paiement sans contact est de plus en plus ancré dans les paiements quotidiens en Europe où nous avons relevé qu’en avril 2020, plus de 70 % des paiements effectués avec Visa étaient réalisés en sans contact. La distanciation et les mesures de confinement ont poussé les commerçants à ouvrir des espaces de vente en ligne, quand ils ne pouvaient plus ouvrir leurs magasins physiques, et à offrir aux consommateurs des moyens sûrs et pratiques de payer. De leurs côtés, plus de la moitié des consommateurs ont fait plus d'achats en ligne qu'avant la crise
Comment les commerçants et les banques clients de VISA se sont-ils adaptés ? Comment VISA a pu les aider dans ce domaine ?
Visa a accompagné de nombreux commerçants, notamment les petits commerçants de proximité, dans leurs efforts pour accepter des moyens de paiement sans contact et ouvrir des espaces de vente en ligne, notamment sur « market place ». Ces petites entreprises ont dû s’adapter dans l’urgence à cet environnement en pleine évolution. Dans ce cadre, en France, nous avons noué un partenariat avec PayPlug
Quels services en particulier ont-ils poussés ?
On peut citer l’accélération du développement de l’Open Payment dans les transports. C’est le cas de Nevers par exemple où, depuis le 11 mai, la carte de paiement Visa tient désormais lieu de titre de transport dans les bus, afin d’éviter la manipulation d’espèces.
Durant cette période, le plafond du paiement sans contact a été porté à 50 € en France, en avance sur le calendrier prévu. Avez-vous déjà des retours sur l’évolution des transactions suite à ce changement ?
Nous saluons la décision prise par les gouvernements locaux et l'industrie du paiement d'opérer ces changements et nous félicitons les institutions financières pour les efforts qu'elles ont réalisés pour mener à bien les changements techniques induits. Conséquence directe de cette mesure, nous avons relevé une augmentation du panier moyen pour les transactions sans contact Visa. Le montant moyen des achats pour les transactions sans contact de Visa en Europe a ainsi augmenté de près d'un quart au cours des deux derniers mois (entre le 20 février et le 20 avril).
Moins pratiqué que le paiement sans contact, le paiement mobile a-t-il lui aussi connu un bond durant cette période ? Quelles ont été les formes les plus populaires : paiement de proximité avec son téléphone, prépaiement en ligne ou via une application, paiement par QR Code ? Et pour quels usages ?
Le comportement des consommateurs a changé avec le Covid-19. Au même titre que pour l’e-commerce, nous voyons une forte préférence pour les paiements sans contact et les paiements mobiles. Désormais, ceux-ci peuvent effectuer des paiements mobiles dans 34 pays européens et Visa a lancé près de 800 programmes de paiement mobile dans l’ensemble de l’Europe. Afin d’accompagner l’évolution du paiement mobile, 65 nouveaux programmes ont été lancés en Europe au premier trimestre 2020, grâce à la technologie de Visa.
Que va-t-il rester de cette épidémie ? Peut-on imaginer de nouveaux services à destination des banques, des FinTechs, des commerçants ou des porteurs de cartes issus de cette expérience ?
Adoption massive du paiement sans contact, évolution du paiement mobile, croissance de l’e-commerce… de récentes études suggèrent que ces changements pourraient durer bien au-delà de la crise. Nous travaillons constamment à développer et enrichir l’expérience de paiement des consommateurs, que ce soit via les téléphones mobiles, les objets connectés… Au-delà de ces innovations, nous souhaitons surtout à répondre à la demande des consommateurs en matière de paiement et c’est dans ce sens que nous accompagnons l’ensemble de l’écosystème.