Cloud computing : quand les banques s’approprient l’informatique

Le cloud computing n’en finit plus de s’imposer dans tous les domaines de l’informatique. Si, en 2012 et 2013, les banques s’y sont intéressées et ont lancé leurs premières expérimentations, en 2014, le cloud va se généraliser. Dans des usages qui ne correspondent pas forcément aux besoins standards des grands comptes…

Gérard Duquesne

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  • A. de Baynast, Numergy

    A. de Baynast, Numergy

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Cet article est extrait de
Revue Banque n°767

Numéro double 767-768 : Rétrospective 2013 - Prospective 2014

Avec l’affaire Prism et les relents de l’affaire Wikileaks (où Amazon Web Services avait coupé l’accès aux serveurs du site sur ordre du gouvernement américain en 2010), le cloud computing, ou tout au moins sa partie publique, n’était pas jusqu’ici spécialement rassurant pour les banques françaises. Quand bien même certains services étaient devenus quasi incontournables dans le cloud, comme les outils de CRM [1] ou de salesforce utilisés d’une façon ou d’une autre par toutes les banques de la place, la prudence restait de mise.

En 2014, alors que les deux grands acteurs du « cloud souverain à la française », Cloudwatt et Numergy, déploient enfin leurs offres, les banques devraient se lancer dans le domaine, hors simple phase de test. « Les banques commencent un peu à bouger. Nous passons du “proof of concept” et du cloud privé à la constatation qu’elles n’obtiendront pas les économies attendues dans le cloud si elles ne vont pas sur un cloud public avec des offres standard », constate Gérard Dusquene, directeur commercial grand comptes pour Cloudwatt. Son collègue, Amaury de Baynast, directeur marketing de Numergy, fait le même constat et précise que « les banques envisagent deux types de services pour lesquels elles pourraient travailler avec nous : le calcul HPC (High-performance computing) pour les banques d’investissement, et le débordement ou l’hybridation pour la banque de détail ».

Typiquement, en prenant l’exemple d’un service de banque mobile ou en ligne, la banque garde au sein de son système d’information les données et opérations critiques (c’est-à-dire ce qui se passe après que le client s'est authentifié) et externalise sur un cloud public les données non sensibles (tout ce qui concerne les brochures ou les outils de simulation en ligne pour lesquels aucune donnée client n’est nécessaire). Cela fournit même une couche de sécurité supplémentaire, car la cible exposée aux cybercriminels n’est pas à l’intérieur même du système d’information bancaire, mais à l’extérieur. Si Numergy ne peut parler de ses clients bancaires existants, Cloudwatt confie sans les nommer avoir plusieurs opérations en cours : son offre Cloudbox (voir Encadré) intéresse la BPI pour un usage interne et deux banques de détails pour des offres de coffre-fort numériques à destination de leurs clients, ainsi qu’un projet autour du Big-Data pour une quatrième banque. Outre ces grands acteurs du cloud généraliste, leurs collègues français (Gandi, iKoula, OVH) ou anglo-saxons (Microsoft Azure, Amazon Web Services, HP, IBM ou Google), une multitude de sociétés proposent des services dans le cloud pour les banques : OpenTrust s’occupe de l’authentification et de la signature électronique, SlimPAY facilite le prélèvement SEPA, Orange se positionne en TSM [2] pour les offres NFC… En 2014, ce type d’offre se multipliera, voire certaines banques pourront même, elles aussi, proposer leurs offres de cloud computing à leurs consœurs ou à leurs clients.

[1] Customer Relationship Management.

 

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