Plan de carrière

Chevaliers du progiciel

Olivier Peccoux et Henri Assaf sont les deux fondateurs et dirigeants indissociables de SAB, éditeur d’un des progiciels les plus utilisés dans le secteur bancaire.

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Rédigé par Revue Banque. Interview de Lynda Robillard (DALiNK, ADCESB), Solange Arbey(ZeMust), et Laure (BuzzetBoost), Alon Rozen (Doyen des Ponts Business School).

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°788

Titrisation : pour une meilleure répartition des risques

SAB, l’histoire d’une rencontre ?

O.P. Henri Assaf travaillait dans une filiale de la société informatique où je suis arrivé après une longue expérience diversifiée, dont par exemple dix années chez Steria. Jusqu’alors, je me méfiais un peu de ce type de profil, très réservé, voire secret, puis nous avons été amenés opportunément à partir ensemble au Sénégal… et nous ne nous sommes plus quittés !

H.A. Nous avons eu très vite l’idée d’un progiciel pour le secteur bancaire. Nous n’avons pas eu la possibilité de monter le projet au sein de l’entreprise qui nous employait à l'époque, nous avons alors créé SAB pour mener à bien le projet.

La fibre entrepreneuriale ?

OP : Je suis en effet très indépendant. J'ai horreur de la hiérarchie et d'avoir des patrons.

HA : Je ne me voyais pas non plus dans une entreprise avec 15 échelons entre la direction et moi.

Quelle complémentarité dans cette aventure ?

O.P. Quand nous avons créé SAB, j’avais 39 ans et Henri 33 ans ; nous avions donc tous deux un vécu. C'est important quand vous développez une entreprise, surtout en France. Il faut avoir un peu de recul pour relativiser et persévérer face aux difficultés rencontrées.

H.A. Nous sommes tous deux des hommes de projet et j’avais des expériences dans le secteur de la banque.

O.P. …et moi, dans toutes sortes de secteurs d’activité : social, armement, défense nationale, administrations, télécommunications… sauf la banque. La complémentarité aussi, car nous avons des caractères opposés : Henri est cartésien, réfléchi, sage et pondéré. Je suis un émotif primaire.

H.A. Mais très souvent, même sans s’être concertés, nous avons exactement le même avis, le même point de vue. Et nous sommes tous deux résolument optimistes, une condition indispensable pour créer et développer une entreprise !

Pourquoi se spécialiser dans la banque ?

O.P. Au début des années 1990, le premier projet BAFI a été un grand bouleversement culturel et technique dans le monde de la banque ; les établissements petits et moyens, désormais soumis aux mêmes règles que les majors, n'avaient pas les capacités à gérer en interne ces nouvelles contraintes induites sur leurs systèmes d’information ; ils ont dû mutualiser leurs services et solutions informatiques, et « mutualisation » signifiait pour beaucoup « progicialisation ». Par la suite, le mouvement s’est étendu à toutes les banques, quels que soient leur taille, leur contexte et leurs caractéristiques.

Votre martingale ?

H.A. Nous voulions que le progiciel SAB puisse adresser des établissements de toute taille, même si, compte tenu de la demande du marché de l’époque, nos premiers clients se situaient à un niveau plutôt modeste.

O.P. Un autre de nos atouts est d’avoir voulu donner un certain état d’esprit à l’entreprise : nos salariés, nos clients et même nos fournisseurs ou partenaires partagent tacitement nos valeurs et un code de bonne conduite.

Et demain ?

HA : Il nous fallait renforcer nos fonds propres pour booster le développement, en particulier sur l'international, et décloisonner le capital familial de la société.

Nous avons donc réalisé une augmentation de capital de 10 millions d’euros souscrite par l'IFC [1]. Cette opération aujourd’hui débouclée consolide nos fonds propres et nous fait bénéficier d’un actionnaire de référence incontestable.

Heureux ?

O.P. Ma principale source de satisfaction est d'avoir amené l'entreprise là où nous le souhaitions : une position de leader en France, un positionnement nouveau et la capacité à se développer bien au-delà.

H.A. Le prochain challenge sera de pouvoir transmettre l’entreprise pour qu'elle continue telle qu'elle est aujourd'hui, et particulièrement en pérennisant son système de valeurs vis-à-vis de nos salariés et de nos clients.

 

 

[1] Société financière internationale (SFI/IFC), filiale de la Banque Mondiale dédiée au secteur privé.

 

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