Quelles sont les activités d’Edenred dans le domaine des dépenses professionnelles ?
Edenred est le leader mondial des solutions de paiement pour le monde du travail. Elle est cotée à la Bourse de Paris (indice CAC Next 20) et active dans 46 pays répartis principalement dans deux grandes zones d’intervention : l’Europe et l’Amérique latine. Nous avons trois grandes familles de solutions :
- les avantages aux salariés avec des produits comme le ticket-restaurant ou les chèques cadeaux. C’est le métier historique d’Edenred que nous pratiquons dans une trentaine de pays ;
- les solutions de mobilité professionnelle qui se déclinent en deux sous-familles : la gestion de flotte de véhicules et la gestion des déplacements des collaborateurs ;
- la troisième grande famille est celle des solutions complémentaires comprenant notamment les services de paiements aux entreprises (corporate payment) et les programmes de motivation et récompenses destinés à fidéliser des vendeurs, des réseaux de distributions, voire des clients.
Quelles sont les solutions de paiement proposées pour les avantages aux salariés ?
Rappelons qu’il s’agit d’un dispositif réglementé : en France, par exemple, un titre-restaurant n’est utilisable que dans des commerces habilités ; la dépense ne peut dépasser 19 euros par jour, et ne peut être effectuée le dimanche. Les entreprises utilisent de moins en moins les chèques papier et migrent vers la carte, rechargée tous les mois pour chaque salarié en fonction du nombre de jours travaillés, et qui inclut une fonction de paiement sur mobile, voire de paiement « in-app ». Ainsi l’utilisateur après avoir chargé notre appli sur son mobile, peut activer sa carte Ticket-Restaurant dans le wallet de son smartphone pour payer sans contact. À cet égard nous avons un partenariat mondial avec Apple Pay pour intégrer leur wallet dans notre solution. Le paiement in-app est encore plus intégré : l’utilisateur se déclare comme client de Ticket-Restaurant sur les plateformes agréées comme Uber Eats ou Deliveroo, entre les login et mot de passe communiqués avec la carte par Edenred et peut sans autre formalité passer sa commande, le débit étant alors imputé sur le compte Ticket-Restaurant. C’est une intégration directe entre la plateforme et le serveur sur lequel nous gérons les soldes utilisateurs.
Aujourd’hui, avec 900 000 utilisateurs qui sont passés à une la carte Ticket Restaurant, la France est est en train de basculer vers le digital, comme la majorité de nos pays d’implantation dont les clients sont déjà tous passés à une forme dématérialisée de paiement. En Espagne, par exemple, nous avons un taux de paiement mobile qui est remarquable.
Et concernant les solutions de mobilité professionnelles ?
Pour les flottes de véhicules, nous distribuons des cartes carburant acdeptées dans un réseau de 50 000 stations en Europe. Elles donnent également accès à un réseau de garages pour l’entretien du véhicule et à des services d’assistance sur route. Les solutions pour régler les péages, prennent en général la forme de boîtier installé dans le cockpit du camion. En effet, dans beaucoup de pays en Europe, il n’existe pas de barrières aux péages, et ces frais sont calculés et prélevés grâce à un système embarqué de GPS qui suit le trajet du camion. La carte carburant peut être assortie de contrôles au moment de la transaction, comme limiter le nombre de litres d’essence par transaction ou l’accès à un type de carburant (essence ou diesel). La plupart de ces cartes sont multi-enseignes et sont acceptées, en France, dans 3 200 points de vente d’enseignes pétrolières mais aussi d’hypermarchés. Bien entendu, les cartes sont paramétrables en fonction des services que souhaitent ouvrir les entreprises à leurs salariés.
En ce qui concerne la gestion des déplacements des collaborateurs, nous proposons des cartes business Mastercard qui peuvent payer tout type de frais, hôtels, restauration, billets d’avion ou de train, mais aussi des cartes hybrides qui permettent également d’acheter du carburant avec les contrôles associés. Notre carte est débitée directement sur le compte de l’entreprise et peut réaliser des filtrages par catégories de commerçants, par zones géographiques, par transaction, par jour ou par semaine, ce qui permet d’appliquer la politique de l’entreprise en matière de notes de frais au moment de la transaction et pas seulement a posteriori. Nous pouvons aussi réagir à un dépassement de plafond instantanément puisque nos systèmes sont en temps réel. Enfin, comme les salariés sont amenés à payer de plus en plus de produits sur internet, comme s’abonner à un journal, s’enregistrer à une conférence, nous avons développé des solutions de carte virtuelle à usage unique, générée par les personnes autorisées dans l’entreprise.
Restent les paiements inter-entreprise…
Nous proposons aux directions financières de payer les fournisseurs avec des solutions de carte virtuelle mais de manière très industrialisée. Cette pratique permet notamment d’améliorer la traçabilité pour celui qui paye comme pour celui qui reçoit l’argent. En Europe nous avons développé ce type d’usages avec des agences de voyage en ligne, pour payer avec des cartes virtuelles les réservations hôtelières par exemple. Nous avons aussi un contrat avec l’IATA, l’association internationale du transport aérien, pour que les agences de voyage qui achètent leurs billets d’avion auprès de cette dernière, puissent payer avec une carte virtuelle. C’est un moyen de paiement privatif que nous sommes en train de déployer dans une centaine de pays.
Enfin, en ce qui concerne les programmes de motivation et récompenses, les solutions de paiement sont des cartes-cadeau, soit universelles en termes d’acceptation, soit restreintes à un certain nombre de commerçants.
Qu’en est-il de la gestion administrative post-paiement ?
Nous avons une plateforme de gestion des notes de frais alimentée automatiquement par les transactions ; le collaborateur pour finaliser sa note de frais devra simplement confirmer les éléments et les motifs qui ont conduit à établir la note de frais. Cela passe par une application mobile qui permet de photographier le reçu, qui sera rattaché à la transaction et archivé. Nous venons d’ailleurs de lancer en Espagne une fonctionnalité qui permet d’analyser le contenu du reçu pour en retirer des informations intéressantes, typiquement la TVA, et un archivage sécurisé qui permet de se débarrasser des documents papiers comme les factures. En Italie, nous récupérons les factures électroniques émises par les commerçants pour les clients professionnels pour les rattacher à la transaction dans les notes de frais. Ces démarches permettent de faciliter la vie du collaborateur tout en donnant un meilleur contrôle à l’entreprise, et en réduisant les coûts de traitement.
Avez-vous un statut régulé en tant qu’émetteur de cartes ?
Nous avons un agrément d’établissement de monnaie électronique. Historiquement cet établissement a été créé au Royaume-Uni, qui est l’émetteur de la plupart de nos programmes en Europe grâce au passeport européen.
Une large partie de nos programmes est par ailleurs exemptée de la régulation DSP : typiquement la carte Ticket-Restaurant ou les cartes carburants, moyens de paiement privatifs.
Quelles sont vos perspectives ?
Cela prend du temps pour passer du papier à la carte, beaucoup moins pour passer de la carte au paiement mobile et encore moins pour passer au paiement « in-app » avec nos différents partenaires. Notre stratégie est d’aller vers le digital le plus vite possible car nous pensons que c’est créateur de valeur pour les utilisateurs et pour les clients.