Paiement en BtoB

« La carte C2A est une carte de paiement multiservices »

Créé le

24.05.2019

-

Mis à jour le

28.05.2019

C2A propose une carte de paiement, couplée à une carte pétrolière, paramétrable et assortie de services, notamment l’émission des factures correspondant aux achats de carburants dans le réseau partenaire de C2A. Mais l’entreprise prévoit déjà d’étendre ces partenariats à d’autres types de prestations, et passera au paiement sans contact en juillet prochain.

Quand et dans quel objectif a été créé C2A ?

Après 10 ans passés comme agent de Elf puis de Total, j’ai créé C2A en 2010, avec d’emblée l’idée de lancer une carte de paiement associée à des services, dans une relation en B-to-B. Il a fallu deux ans pour obtenir l’agrément de l’ACPR en tant qu’établissement de paiement, et nous avons émis nos premières cartes en octobre 2012. Depuis, nous nous sommes maintenus sur cet axe en ne faisant que du B-to-B, mais avec une carte utilisable dans tous les pays européens, car il s’agit d’une Mastercard. De plus, nous bénéficions d’un passeport européen.

Quelles sont les fonctionnalités de la carte C2A ?

La carte C2A est en réalité un objet financier non identifié ! Elle est une carte de paiement multiservices, définie à partir des besoins identifiés auprès de nos clients, c’est-à-dire avoir sur une même facture tous leurs frais et dépenses professionnels. Pour y parvenir, nous sommes partis du paiement, car c’est le point commun de toutes les transactions : le client paye. Mais c’est ce que propose n’importe quel établissement bancaire. Que faire de mieux ? Tout d’abord, identifier les dépenses que l’entreprise ne veut pas payer : nous avons mis en place un système qui bloque toutes les transactions non acceptées par l’entreprise. Ensuite, nous avons donc mis au point un process pour émettre une facture pour toutes les prestations de services effectuées avec une carte C2A auprès de notre réseau de partenaires. Nous avons commencé ces accords avec le secteur que je connais le mieux, les carburants, et avons des réseaux partenaires pétroliers, comme Edouard Leclerc, Esso en France ou Repsol en Espagne, totalisant 1 200 stations en France et 1 300 en Europe. En pratique, le fournisseur émet une facture à notre nom et nous émettons à notre tour une facture au client, qui peut être téléchargée sous forme de PDF, ou sous un autre format numérique pour être intégrée dans sa comptabilité. En outre, nous avons créé un logiciel de notes de frais (Inpensa) dans lequel les collaborateurs de notre client peuvent enregistrer leurs facturettes ou leurs tickets, à partir des données fournies automatiquement par le paiement, et complétées par la photo des tickets ou facturettes, pour les transférer directement vers la comptabilité de l’entreprise.

Il est prévu de développer ces partenariats avec d’autres types de services ou de produits, comme les prestations hôtelières ou de réparation. Nous ne voulons pas seulement être une carte de paiement mais un fournisseur de produits et de services avec la latitude pour l’entreprise de choisir ceux qu’elle veut intégrer sur sa carte.

La carte est-elle paramétrable ?

Oui : le client définit par exemple les pays et s’il le désire les enseignes dans lesquels la carte doit être opérable et les plafonds au-delà desquels il ne veut pas effectuer de paiement ; il peut s’agir d’un plafond défini par jour, par semaine ou par mois. Il peut aussi choisir entre deux modes de fonctionnement, le premier où la dépense est débitée sur le compte du client ouvert chez C2A comme une carte bancaire classique, avec des plafonds évoqués ci-dessus, et le second où la dépense est débitée sur la carte et ne peut aller au-delà du montant disponible sur cette carte.

Vous proposez trois formes d’intervention, truck, flex et en marque blanche…

La carte truck cible les transporteurs pour payer des péages, du carburant, ou des prestations auxquelles peut être confronté un chauffeur routier comme des amendes ou des réparations. La carte Flex est destinée aux gestionnaires des flottes, pour que les collaborateurs itinérants puissent régler leurs frais de restaurants, d’hôtels, de carburants, voire des billets d’avion si l’entreprise l’y autorise. En marque blanche, nous créons une carte à l’image de l’entreprise cliente et selon les spécifications qu’elle souhaite. C’est une possibilité donnée aux pétroliers notamment qui voulaient avoir une carte de débit en plus de la carte pétrolière.

 

Faut-il une fonction particulière pour des paiements exceptionnels comme des amendes ?

Non, mais rappelons qu’en France, les amendes ne peuvent pas être payées par carte, mais uniquement par chèques ou en espèces. Si le montant à payer dépasse le plafond autorisé, nous avons un call center disponible 24/24 et des collaborateurs sous astreinte capables de débloquer momentanément le plafond de la carte.

Quid des contrôles sur les enseignes où sont effectuées les dépenses ?

Ces contrôles sont effectués à partir du code marchand des enseignes. En revanche, il n’est pas possible de filtrer les paiements par nature d’achats : par exemple, accepter dans une station-service l’achat du carburant, mais pas celui de services de restauration proposés par la station sous le même code marchand.

Comment cette carte est-elle facturée ?

La carte peut être facturée par un pourcentage prélevé sur chaque transaction, ou moins fréquemment, par un forfait par mois et par carte.

Quelles sont vos perspectives ?

Nous allons émettre dès juillet 2019 une carte sans contact. En ce qui concerne les paiements instantanés, il faut travailler avec des banques réceptrices et émettrices. Or toutes les banques de France mais aussi à l’étranger ne sont pas encore prêtes pour l’instant payment.

Qui sont vos concurrents ?

Nos concurrents sont toutes les cartes pétrolières, mais aussi les cartes corporate des banques et de certaines FinTechs. Mais aucune ne propose comme C2A à la fois des paiements et des services. Les pétroliers sont nos concurrents mais aussi nos partenaires : nous avons mis du temps à négocier avec eux pour leur faire comprendre qu’avec notre carte ils pourraient toucher une clientèle qu’ils n’avaient pas forcément avec leur carte pétrolière car contrairement à C2A, celle-ci exige des garanties financières de la part des entreprises.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº833