Quel est le problème que posent aux banques les grands acteurs du Web ?
Des acteurs tels que Google, Apple ou Amazon ont des puissances de données individuelles phénoménales et vont proposer aux commerçants des services enrichis et, éventuellement, en complément d’offres, des solutions de paiement ; les banques, de par leur rôle dans la chaîne des paiements, détiennent des données individuelles extraordinairement précises et très sécurisées. Soumises au secret bancaire, les banques ne peuvent pas les exploiter et de surcroît, la CNIL demande que ces données personnelles ne soient utilisées que sous une forme anonymisée d’agrégats.
Pourquoi Google et consorts ne sont-ils pas tenus aux mêmes principes ?
Le recueil et le traitement de données constituent leur activité principale. Ils partent de données marketing pour aller vers du flux, alors que les banques font le chemin inverse : avec les flux, nous recueillons des données que l’on peut considérer comme des données marketing.
Selon la devise « droit, devoir et équité », il n’est pas admissible que des acteurs, parce qu’ils viennent du marketing, puissent être autorisés à certaines utilisations et que les banques, parce qu’elles viennent des flux, ne le puissent pas.
La CNIL est-elle sensible à cet argument ?
Elle va vraisemblablement s’intéresser à cette situation. Mais cela devrait aussi interpeller l’Europe : une certaine prise de conscience se fait jour sur les risques que posent des acteurs qui gèrent aujourd’hui des zetta-