Le cas emblématique de la banque suisse Wegelin & co mérite d’être rappelé.
Wegelin, qui était la plus ancienne banque privée helvétique, avait été fondée en 1741 à Saint-Gall. Entre 2005 et 2010, elle avait récupéré 70 contribuables américains qui cherchaient à transférer leurs fonds hors d'UBS en raison de l'enquête lancée contre cette dernière par les États-Unis. Pour ces clients américains qui enfreignaient la législation fiscale de leur pays d’origine, Wegelin avait alors créé des sociétés écrans au Liechtenstein, à Panama et à Hong Kong, où furent finalement transférés les fonds. Le personnel concerné de Wegelin se comportait ainsi car, contrairement à UBS, il n’y avait pas de filiale aux États-Unis. Wegelin était alors une banque privée suisse de taille moyenne, avec un portefeuille sous gestion de plus de 26 milliards de francs suisses (21,3 milliards d'euros). Outre le siège à Saint-Gall, elle comptait des succursales à Zurich, Berne, Lugano, Lausanne, Locarno, Chiasso, Schaffhouse, Bâle, Genève, Coire, Lucerne et Winterthur. Avant le déclenchement de l’affaire, les effectifs représentaient environ 700 collaborateurs.
Devant un tribunal de Manhattan, Wegelin & Co reconnaît des fraudes portant sur au moins 1,2 milliard de dollars, sur une période de près de dix ans. En vertu des statuts de Wegelin & Co, les associés de la banque étaient indéfiniment responsables ; ceux-ci ont donc accepté de payer l’amende de 74 millions de dollars. En 2012, l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers, la FINMA, autorise la scission de Wegelin & Co, puis la reprise par la banque coopérative Raiffeisen Suisse de la clientèle non américaine, soit environ 20 milliards d’euros sous gestion et l’essentiel du personnel. L’activité résiduelle de Wegelin & Co qui ne compte plus, post-scission et cession, qu’une dizaine de collaborateurs en charge de la gestion extinctive des activités américaines, ferme définitivement ses portes le 3 janvier 2013, après 271 années d’existence.