Le virement de proximité, successeur du chèque

Créé le

09.04.2013

-

Mis à jour le

10.04.2013

Témoignage de Bernard Ramé, directeur Business Line « Payments & Cards », SOPRA Banking Software

Le virement de proximité [1] doit son nom à ses modalités d’utilisation rendues particulièrement faciles pour les consommateurs, mais cette appellation peut prêter à confusion : les instances européennes distinguent de leur côté les paiements de proximité, c’est-à-dire en face à face, et les paiements à distance, notamment sur Internet. Le virement de proximité peut s’appliquer à ces deux catégories, mais il est particulièrement bien adapté aux paiements à distance.

Au-delà de la sémantique, le virement de proximité apparaît de façon de plus en plus évidente comme une alternative au chèque. La diminution régulière de l’utilisation de ce dernier en France s’est faite jusqu’à présent au bénéfice du prélèvement et surtout de la carte ; cette tendance va perdurer, jusqu’au moment où l’usage résiduel du chèque ne pourra être remplacé que par le virement de proximité. Car ce moyen de paiement présente des caractéristiques similaires, notamment le fait que le paiement se fait à l’initiative du débiteur. D’ailleurs, si l'on compare des pays où l’usage du chèque est plus ou moins important, on constate que la somme des virements et des chèques est pratiquement constante, ce qui montre clairement que l’un remplace l’autre.

Dans cette perspective, un exemple intéressant est celui de la Belgique, pays où l'on n’utilise plus le chèque : les transactions par carte représentent 42 % des paiements et les virements 45 %, ce qui en fait le moyen de paiement le plus utilisé. En effet, les créanciers ont depuis très longtemps fait figurer une formule de virement prérempli sur leurs factures, tout comme l’administration sur les avis d’imposition. Les créanciers ont donc pendant des années privilégié le virement au chèque, même si le virement s’effectuait sur un support papier. La migration actuelle vers un virement électronique est de ce fait beaucoup plus simple. En particulier, une grande partie des banques belges proposent la solution communautaire Zoomit, qui permet à chaque client de recevoir ses avis de factures dans son espace d’e-banking et d’y effectuer le paiement par virement. C’est un des services qu’imagine SEPAmail en France, où nous n’en sommes qu’au stade de l’expérimentation. En outre, toujours en Belgique, beaucoup de banques proposent dès à présent un virement garanti comme moyen de paiement dans le e-commerce.

1 Lire aussi à ce sujet Banque Stratégie n° 292 mai 2011.

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº313
Notes :
1 Lire aussi à ce sujet Banque Stratégie n° 292 mai 2011.