La cohérence dans l'adoption et la mise en œuvre des normes de Bâle a été dès le départ jugée essentielle pour améliorer la résilience du système bancaire mondial, favoriser la confiance du public dans les ratios prudentiels et permettre un environnement réglementaire prévisible et transparent pour les banques actives à l'échelle internationale. Le Comité de Bâle et son organe directeur, le Groupe des gouverneurs et des chefs de la supervision (GHOS) ont donc accordé une haute priorité à la mise en œuvre complète et effective des normes de Bâle selon des modalités les plus comparables possibles.
Pour faciliter ce processus, le Comité de Bâle a adopté un vaste programme d'évaluation de la cohérence réglementaire (RCAP – Regulatory Consistency Assessment Programme) qui complète son travail sur le développement des normes prudentielles.
Le RCAP se compose de deux modules distincts mais interconnectés couvrant les normes de capital de Bâle, les normes de liquidité et de levier et les exigences relatives aux banques systémiques importantes :
- un suivi de la mise en œuvre des normes de Bâle ;
- et des évaluations de la cohérence effectuées sur une base à la fois juridictionnelle et thématique, et notamment des évaluations de la comparabilité des résultats fournis par les modèles internes de risque de crédit et de risques de marché.
D’où la tentation du Comité de réduire cette variabilité en imposant de fortes contraintes sur l’utilisation des modèles internes, notamment de risques de
De son côté, l’Europe et notamment l’EBA, ont toujours déclaré être plus confiantes dans la faculté des modèles avancés de permettre un meilleur suivi des risques par les établissements. L’EBA a ainsi publié
- les portefeuilles en IRB des grandes entreprises, des souverains et des établissements (Low Default Portfolios – LDP) ;
- le calcul du risque de contrepartie (CCR) en méthode modèles internes et des ajustements de l’évaluation de crédit (CVA) en méthode avancée.
Pour restaurer la confiance dans les modèles internes plutôt que d’en limiter l’utilisation, l’EBA, dans son rôle de gardien du single rule book, a donc cherché à en harmoniser l’application par la production de règles favorisant la comparabilité des résultats et des méthodes. Trois documents ont été déjà produits :
- un RTS (Regulatory Technical Standard) à l’attention des superviseurs, publiés en juillet 2016, qui a donné un cadre pour évaluer la cohérence et la comparabilité des systèmes de notations internes
crédit ;[3] - un RTS publiés en novembre 2016 qui a donné un cadre pour évaluer la cohérence des risques de
marché ;[4] - un document consultatif à l’intention des établissements, publié le 14 novembre 2016, visant à définir des orientations sur les estimations de PD, LGD et le traitement des expositions en
défauts .[5]