Rappelons, pour mémoire, que si l’origine intellectuelle des banques mutualistes est française et trouve ses fondements dans les réflexions de Proudhon, qui chercha une voie entre capitalisme et socialisme, leur origine pratique est allemande, avec la création du Crédit Mutuel, plutôt tourné vers le monde rural, initiée par Raiffeisen et les Banques Populaires, davantage urbaines, initiées par Schulze-Delitzsch à la moitié du XIXe siècle. L’une et l’autre de ces initiatives se présentaient comme une réponse à la misère endémique des populations qu’elles visaient (agriculteurs pour la première, artisans et petits commerçants pour la seconde).
Notons que dès 1864, Schulze regroupait les Banques Populaires dans une fédération et créait en 1865 une caisse centrale, caisse de second rang permettant de répartir les charges entre les diverses caisses locales. Raiffeisen fera la même chose avec le Crédit Mutuel en 1877.
En France, hormis les caisses d’épargne et de prévoyance créées en 1818 et consacrées en 1835, la première véritable initiative est celle des Banques Populaires, du père catholique et libéral Ludovic de Besse à Angers en 1878, fortement inspiré par les expériences allemandes.
Un Centre Fédératif naissait en 1889 tandis que la loi Méline de 1894 réglementa les caisses du Crédit Agricole. Entre-temps apparaissait, à l’initiative de Louis Durand, avocat lyonnais, l’ancêtre du Crédit Mutuel.