Le risque de liquidité ne peut être traité de manière satisfaisante par la VaR car elle ne tient pas compte du risque auquel est exposé un portefeuille lors du processus même de sa liquidation. Une crise de liquidité étant généralement un événement extrême, elle requiert donc des outils de stress tests plus appropriés que la VaR.
Pour lutter contre les crises de liquidité, les scénarios de simulation de crise d’un assureur doit intégrer la fragilité de l’ensemble de son bilan, à savoir les possibles désajustements entre investissements peu liquides à l’actif et les sources de retraits précaires au passif. Un stress test pertinent pour une société d’assurance importante est de considérer les conséquences d’un retrait simultané de ses contreparties du marché et de bâtir des scénarios de crise de liquidité, comme nous les avons connus depuis le second semestre 2007.
C’est d’ailleurs dans cette voie que se sont engagés les assureurs français en développant des stress tests visant à estimer les risques d’assèchement soudain de la liquidité de marché dus à l’une ou plusieurs de leurs contreparties. Les analyses de ces stress tests permettent ainsi de prendre conscience des dangers liés à la forte concentration de certains marchés financiers et du nécessaire besoin de diversification des risques qui sont proposés par les sociétés d’assurance. Les risques longs des assureurs à fréquence faible sont, de ce point de vue, bien plus protecteurs que les risques courts.