Du rôle des spéculateurs

Créé le

02.03.2011

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Mis à jour le

15.03.2011

Plus encore qu’en 2008, l’impact de la spéculation et des restrictions à l’exportation appelle l’attention. Au moment de l'augmentation brutale des cours du blé en juin 2010, le conseil international des céréales (International Grain Council – IGC) et le ministère américain de l’Agriculture  (United States Department of Agriculture – USDA) faisaient état d'une récolte mondiale meilleure qu'initialement envisagée. Les premières estimations de baisses de production n'ont été publiées que fin juillet. Le prix du blé avait augmenté de 36 % dans l’intervalle, dans la perspective d’une raréfaction de l’offre disponible dans les pays bordant ​la mer Noire. Le 5 août 2010, la ​Russie a annoncé un embargo sur ses exportations de céréales jusqu'au 31 décembre 2010, provoquant une hausse spectaculaire du cours du blé sur les marchés. Début janvier 2011, notamment suite aux inondations en Australie, quatrième exportateur mondial de blé, le prix de cette céréale s'est de nouveau envolé. La région du Queensland, touchée par les inondations, ne représente pourtant que 6 % de la production nationale de blé et les inondations devraient donc avoir un impact limité sur la future récolte australienne.

Dans ces deux cas, la hausse des prix était plus importante que ce que reflétaient les fondamentaux du marché. Ainsi, la spéculation des opérateurs sur le marché physique ainsi que le rôle des opérateurs financiers pourraient avoir eu un impact non négligeable.

Source : Note d’analyse du Groupe interministériel sur la sécurité alimentaire, « Une nouvelle crise alimentaire en 2011 ? », 24 février 2011.

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº290