Ces dernières années, le manque de liquidité en Occident a forcé les banques de la zone euro à réduire considérablement les risques et à opter pour une approche plus prudente en Afrique subsaharienne.
Crédit Agricole
Dès 2008, le Crédit Agricole a choisi la stratégie de sortie du territoire. Il vise le recentrage de son activité de banque de détail internationale sur l'Europe et le bassin méditerranéen. Il a ainsi cédé en 2009 son réseau africain à Attijariwafa Bank (Maroc) pour un montant de 250 millions d'euros (cinq filiales subsahariennes : Congo, Côte d'Ivoire, Cameroun, Gabon et Sénégal), en échange d'une prise de participation de 24 % dans Crédit du Maroc et de 15 % dans Wafasalaf (spécialisée dans le crédit à la consommation), deux établissements appartenant à Attijariwafa Bank.
En 2010, il cède également sa filiale djiboutienne, Banque Indosuez Mer Rouge (BIMR) à Bank of Africa, elle-même détenue à 51 % par le groupe marocain BMCE Bank.
BNP Paribas
Ce courant de réaménagement des filiales s'est traduit pour BNP Paribas par la décision, en 2010, de se retirer du marché mauritanien. La banque n'y était pourtant présente que depuis 4 ans. Créée en 2007, BNP Paribas Mauritanie était détenue par BNP Paribas à hauteur de 60 %, par Proparco, filiale de l'AFD (20 %) et par DEG (20 %). Les groupes marocains Attijariwafa bank et Banque Populaire ont racheté 80 % du capital de BNP Paribas Mauritanie, filiale du groupe français. L'opération est conduite par un holding détenu à 67 % par le groupe Attijariwafa bank et à 33 % par le groupe Banque Populaire. Cette opération stratégique permet aux deux groupes marocains de conforter leur position régionale. Le groupe Attijariwafa bank est déjà présent dans 7 pays africains.
Certaines banques françaises, malgré l'allégement de la voilure en Afrique, ont joué aussi la stratégie de l'adaptation en intégrant le créneau des services de détail faiblement consommateur de fonds propres. BNP Paribas a ainsi développé depuis 2011 une nouvelle offre d'accès aux services bancaires, le « Pack Trankil ».
BNP Paribas, aujourd'hui présent dans 14 pays africains, cherche à se recentrer sur l'Afrique de l'Ouest où il est fortement implanté et y déployer son modèle de base, c'est-à-dire la banque de détail.
Société Générale
Depuis 2007, la Société générale a décidé de stopper toute nouvelle acquisition. À l'instar de BNPP, la Société Générale, présente dans 15 pays, cherche à se recentrer sur l'Afrique de l'Ouest, via l'exploration de la clientèle de détail. La banque a par exemple choisi de lutter contre l'exclusion bancaire en visant les populations non bancarisées via le service mobile banking comme un moyen de paiement, notamment au Sénégal via Yoban'tel, un service de transfert d'argent et de paiement de facture par téléphone mobile. L'offre s'adresse à tout possesseur de téléphone portable et fonctionne en mode prépayé, couplé à un compte bancaire.