Selon le cadre financier standard, un projet crée de la valeur si sa VAN est positive, c’est-à-dire si ses cash-flows (FCFF) hors éléments financiers (frais financiers, remboursement de dette, dividendes, etc.) actualisés au coût moyen pondéré du capital sont supérieurs à zéro. Dans cette approche, le coût du financement du projet est considéré dans le taux d’actualisation. Or, pour les banques, il est techniquement très difficile de séparer le financement de l’activité qui est par nature financière. Comme indiqué dans la première partie de l’article publiée dans le précédent numéro de la revue banque, notre approche se fonde sur le principe qu’une partie importante d’un prêt est structurellement financée de manière pérenne par les dépôts et d’autres ressources externes qui devront être mobilisées pour financer ce crédit. De ce point de vue, un crédit est un stock de monnaie financé par une dette d’exploitation qui est constitué de dépôts ou de ressources à long terme. Dans cette représentation, on considère que le montant que la banque doit financer est égal au montant du prêt accordé moins la part des ressources « sécurisées » sous forme de dépôt stable (core deposits) ou de ressources longues. À partir de cette représentation, il devient possible de transposer le cadre financier classique pour mesurer la performance dans le secteur bancaire sous forme de VANB. Conformément au cadre standard, on peut désormais aisément calculer un cash-flow hors financement (FCFF) puisque la dette financière a été parfaitement identifiée et constitue, avec les fonds propres, les capitaux engagés.