Suite à la crise des subprime, la Banque Centrale Européenne a décidé de promouvoir une transparence prêt par prêt pour les opérations de titrisation : il s’agit de donner les moyens aux investisseurs de mener leur propre analyse du pool de créances sous-jacentes en étudiant l’ensemble des prêts, et de ne plus simplement se fier aux agences de notation, qui utilisent la méthode de l’échantillonnage. La BCE est un acteur majeur du marché des ABS en Europe, car elle les accepte comme collatéral à ses opérations de refinancement : en 2010, les ABS représentaient ainsi 24 % des actifs déposés en garantie par les banques. En décembre 2010, la BCE a donc exigé une information prêt par prêt pour tous les ABS qu’elle accepte comme collatéral, à commencer par les RMBS. Les ABS sur créances aux PME et les CMBS ont suivi. D’autres classes d’actifs sont à venir, en particulier les ABS sur des crédits à la consommation et sur du crédit-bail.
En exigeant un tel niveau de transparence pour les actifs qu’elle accepte comme collatéral, la BCE espère faire école pour l’ensemble des transactions entre opérateurs privés. Mais l’adoption de ces nouvelles pratiques nécessite des infrastructures adaptées pour le traitement d’une telle masse de données. Elle a donc décidé la création d’une European DataWarehouse (ED) pour permettre le traitement, la vérification et la transmission des données. Elle a confié la mise en place d’une telle infrastructure à un groupe de travail composé d’industriels (dont Société Générale et Amundi AM) qui, suite à un appel d’offres, a retenu la candidature de la société américaine Sapient Global Market. La base de données devrait être opérationnelle à la fin de l’été 2012.
Quelques incertitudes juridiques demeurent toutefois, en particulier l’articulation entre cette base de données et le secret bancaire. Même si les prêts sous-jacents restent anonymes, ils peuvent parfois être aisément reconnaissables dans le cas d’opérations peu granulaires comme les CMBS. S.L.