Plusieurs conceptions de la souveraineté s’opposent. Pour les théoriciens de la souveraineté, il ne peut y avoir que trois détenteurs possibles de celle-ci : Dieu, le souverain ou le peuple. On distingue traditionnellement les théories contractualistes (Hobbes, Locke et Rousseau, malgré des fondements philosophiques différents entre eux sur l’état de nature de l’homme) et celles de droit divin. Si Hobbes a récusé à la fois la théocratie (la souveraineté de Dieu) et rendu impossible la démocratie (la souveraineté du peuple), Rousseau a opéré un changement majeur en considérant que le peuple est souverain, qu’il a tous les pouvoirs, sauf celui de se défaire de sa souveraineté. Dans cette conception contractualiste de la souveraineté, celle-ci change de main, passant du monarque au peuple, mais elle conserve son caractère absolu : le peuple est souverain de lui-même, c’est-à-dire qu’il est à la fois sujet et maître, agent et objet du pouvoir. De ce point de vue, les penseurs contre-révolutionnaires comme Joseph de Maistre ne disent pas autre chose en faisant de la souveraineté un absolu, mais ils placent celles-ci entre les mains de Dieu et non celle du peuple. Tout autre est l’approche des libéraux comme Montesquieu pour qui l’exercice de la souveraineté doit être séparé entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, afin d’éviter une concentration des pouvoirs, à l’origine de tous les despotismes. On retrouve cette idée en creux dans l’article 16 de la Déclaration des droits