Panorama des principales opérations dans le monde

Créé le

25.09.2017

-

Mis à jour le

02.10.2017

  • Intesa Sanpaolo va reprendre le groupe suisse Morval Vonwiller, dont le principal actif est la banque privée Banque Morval, pour un montant de 200 millions d’euros. Morval a été fondée en 1974 par la famille Zanon di Valgiurata. En 1989, la société de gestion de patrimoine obtient la licence bancaire et devient Banque Morval. Elle gère actuellement près de 3,3 millions d’euros d’actifs et compte environ 70 collaborateurs. Cette banque privée dispose de deux bureaux en Suisse, l’un à Genève, l’autre dans le canton italophone du Tessin à Lugano. Elle est également active à l’étranger via des entités à Milan, Luxembourg, Monaco, Montevideo et dans les Îles Cayman. De taille insuffisante, la banque helvétique cherchait depuis plus d’un an à conclure un partenariat ou à fusionner avec un autre établissement. Du côté d’Intesa Sanpaolo, cette acquisition lui permet de renforcer sa présence sur les marchés internationaux dans le domaine de la gestion de fortune. La banque italienne est déjà présente à Lugano, Londres et au Luxembourg. Les actifs de Banque Morval seront transférés à Fideuram, la filiale spécialisée d’Intesa Sanpaolo.
  • Crédit Mutuel Arkéa acquiert 80 % du capital de la FinTech française Pumpkin, qui permet de transférer de l’argent entre particuliers. Lancée en 2014 par trois étudiants de l’Edhec, Pumpkin revendique aujourd’hui plus de 250 000 utilisateurs et la communauté double tous les six mois. En outre, l’application revendique plus de cinq millions d’euros de transactions par mois, avec 75 % d’utilisateurs actifs y recourant environ 4 fois par mois. Cette prise de participation majoritaire de la banque mutualiste s’accompagne également d’un investissement de 15 millions d’euros sur trois ans, pour accélérer le lancement d’une « néobanque » dès la fin de l’année, destinée aux 16-28 ans. En effet, depuis son lancement, Pumpkin est un acteur clé du paiement par mobile auprès des jeunes. Or cette cible intéresse les établissements bancaires traditionnels qui ont du mal à s’approprier leurs us et coutumes, largement commandés par le mobile. Cette nouvelle banque proposera d’abord une carte de paiement, avant d'étoffer ses servives et de proposer, à terme, une offre complète : cartes de paiement personnalisées et collaboratives, émission de RIB et intégration d’un gestionnaire de finances personnelles pour gérer son budget.
  • BNP Paribas a annoncé la signature d’un accord avec son partenaire belge Ageas pour le rachat de ses parts dans leur coentreprise d’assurance en Italie, détenue à quasi-parité (respectivement 50 % moins une action pour BNP Paribas et 50 % plus une action pour Ageas) depuis 2009. À l’issue de la transaction, la filiale d’assurances de BNP Paribas possédera ainsi la totalité du capital de Cargeas Assicurazioni, acteur de référence spécialisé dans l’assurance dommages sur le marché transalpin. Cargeas commercialise des produits d’assurance santé, habitation, automobile et assurance emprunteur à destination de clients particuliers et entreprises. En 2016, elle a enregistré 227 millions d’euros de primes brutes émises, générant un bénéfice net de 44 millions d’euros. Cette opération s’inscrit dans son plan de développement à horizon 2020. Elle lui permettra notamment de renforcer son positionnement sur le marché de l’assurance dommages et de doubler ses revenus en Italie, son deuxième marché après la France avec près de 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, contre environ 12 milliards d’euros réalisés dans l’Hexagone en 2016 (voir Encadré 3).
  • La jeune pousse britannique Tandem Bank va racheter sa compatriote Harrods Bank. La filiale bancaire du célèbre magasin londonien Harrods, créée en 1893, était mal en point depuis plusieurs années. Malgré ses 200 millions de livres sterling d’encours de prêts et ses 300 millions de dépôts, Harrods Bank a perdu plus de 8 millions de livres en 2016. Fondée en 2015 grâce au crowdfunding, Tandem Bank a séduit les investisseurs grâce à son modèle 100 % mobile. L’application ne se contente pas d’offrir les services d’une banque. Elle prodigue aussi des conseils pour faire des économies ou trouver les prestataires les moins chers. Toutefois, en mars dernier, Tandem Bank s’était vu retirer sa licence bancaire, à défaut de remplir les critères de garantie des dépôts réclamée par la Banque d’Angleterre, suite au retrait de l’un de ses principaux actionnaires. Cette acquisition vise surtout à lui permettre de disposer à nouveau d’une licence bancaire, élément indispensable pour poursuivre et développer son activité au Royaume-Uni. La FinTech britannique va proposer un compte courant d’ici à la fin de l’année 2017, au-delà des services de gestion personnalisés qu’elle offre déjà actuellement à ses quelque 22 000 clients.
Achevé de rédiger le 25 septembre 2017.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº812