Ayacucho, petite ville 170 000 habitants sur les hauts plateaux péruviens, est connue pour ses 33 églises. Elle pourrait aussi l’être pour son nombre incalculable de coopératives d’épargne et de crédit. Parmi les plus grandes d’entre elles, la coopérative San Cristobal de Huamanga, fondée en 1960, compte aujourd’hui 65 000 sociétaires dans tout le pays.
En ce samedi soir de juillet, une petite centaine d’entre eux – essentiellement des femmes, avec leurs enfants – se sont réunis dans une jolie maison coloniale du centre d’Ayacucho pour une session dite d’éducation financière. L’objectif de la réunion ? Enseigner aux sociétaires les principes de l’esprit coopératif : l’aide mutuelle, la démocratie, l’égalité, la responsabilité sociale, l’équité, la solidarité sont ainsi citées par un professeur invité pour l’occasion.
Un représentant de la coopérative prend ensuite la relève : « Qui sont les propriétaires de la coopérative ? », demande-t-il. « Nous ! », répondent en chœur les participants. « Nous ne sommes pas comme les banques, nous sommes sans but lucratif », poursuit-il avant de ressasser l’importance de participer aux réunions et à l’élection des représentants des sociétaires. Une amende de 5 euros est même infligée à ceux qui ne viennent pas voter. Des analystes crédit prennent ensuite la parole pour une présentation exhaustive des crédits et des produits d’épargne proposés par la coopérative.
Dans un pays où les agences sont rares, l’information peine à circuler. Ces comités d’éducation financière sont le moyen trouvé pour pallier ce manque… sans toutefois parvenir à toucher les populations les plus rurales.