Modèle interne versus modèle standard

Créé le

23.07.2010

  • Au-delà du modèle standard évoqué, Solvabilité II offre la possibilité aux assureurs qui jugeraient la formule standard inadaptée à leurs besoins de développer un modèle interne, global ou partiel, mieux à même de prendre en compte les spécificités d’un organisme donné.
La construction d’un tel modèle peut être envisagée de deux manières, selon que l’on cherche un simple recalibrage des chocs par défaut ou que l’on souhaite redéfinir la structure de dépendance entre les risques.

  • L’ajustement des paramètres aux spécificités de l’entreprise : une adaptation a minima
Le recalibrage des chocs est la solution le plus simple à mettre en œuvre, elle ne nécessite qu’une série d’études ponctuelles pour les chocs concernés et s’appuie par ailleurs sur la structure par défaut proposée par le modèle standard. Les études ponctuelles peuvent toutefois être d’une complexité significative, comme l’illustrent les travaux de Guette [2010] et Mandhouj [2010] dans le cas du risque catastrophique respectivement en décès et en arrêt de travail. Cette manière de construire un modèle interne partiel ne permet finalement que des ajustements à la marge par rapport au référentiel. Elle requiert en outre un agrément des autorités prudentielles qui devraient naturellement être prudentes quant à l’agrément des modèles qui les engagent tout autant que les opérateurs concernés. Cette approche est en tout cas expressément prévue dans les textes pour certains facteurs de sensibilité.

  • L’ajustement des structures de modèle : une seconde approche plus ambitieuse qui offre la possibilité d’adaptations plus substantielles du cadre standard.
Au-delà des ajustements de valeurs de paramètres, pour le risque de marché, les acteurs majeurs du secteur s’orientent vers le développement d’un modèle interne partiel dans lequel la prise en compte des interactions entre les différents risques est décrite par un générateur de scénarios économiques (cf. Planchet et al. [2009]) qui permet une prise en compte beaucoup plus intégrée des différentes composantes du risque de marché (actions, taux, crédit, liquidité, etc.) en espérant bénéficier ainsi d’une meilleure prise en compte des effets de diversifications. La difficulté est alors en pratique de justifier auprès du régulateur la pertinence d’un modèle conduisant à un besoin en capital plus faible que celui issu de l’approche standard : la complexité des modèles autorise en effet des appréciations relativement hétérogènes de la même réalité à partir d’ensembles de données comparables. Armel [2010] illustre ce point avec l’exemple du choix de la structure de dépendance retenue entre les différents actifs risqués.

Au-delà et dans le même esprit, un modèle global est possible, il ne devrait être l’apanage que de quelques grands groupes en capacité de les préparer et de les justifier.

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº282