Focus

Les défis que doit relever l’épargne retraite

Créé le

28.12.2016

-

Mis à jour le

13.01.2017

  • La fiscalité, prélèvements sociaux inclus : elle doit être stable dans le temps, encourager durablement et sans arrière-pensée la constitution de cette épargne, utile aux Français comme à notre économie. Elle devrait être très modérée, voire nulle pour intégrer la perte de valeur causée par l’inflation sur très longue période. Elle doit reconnaître la nécessité de réallocations de l’épargne dans le temps, les arbitrages réguliers entre classes d’actifs pour conserver un profil rendement/risque acceptable ou faciliter la désensibilisation aux risques de marché. Elle doit admettre certains changements structurels familiaux ou professionnels et donc donner une place raisonnable aux retraits partiels ou encore de la portabilité. Sans ces avantages et cette souplesse, on n’encouragera pas les jeunes à puiser dans leur budget souvent déjà serré pour d’hypothétiques avantages futurs.
  • La qualité de la gestion financière, au sens large. Cela inclut aussi bien la gouvernance des institutions que le modèle de valorisation (actif garanti ou en unités de compte), les choix d’allocation d’actifs stratégique ou tactique, le bon niveau des frais de gestion, etc. En effet, sur plusieurs dizaines d’années, les écarts de performance peuvent être assez considérables. Dans ce cadre, la sécurité financière offerte doit être évaluée sous différents angles (droit du titre, solidité de l’institution, robustesse de l’allocation, volatilité des supports).
  • La performance, fortement érodée par le niveau actuel des taux d’intérêt à long terme et par les contraintes prudentielles issues de la Directive Solvabilité 2. La mise en place prochaine des Fonds de retraite professionnelle supplémentaire (FRPS), devrait alléger les contraintes réglementaires, mais ils resteront contraints par les niveaux des taux.
  • La qualité de l’information, précontractuelle et durant la vie du produit, les services de conseil et les rapports de gestion financière réguliers font partie du socle nécessaire pour la bonne compréhension et le suivi par les épargnants. En France, les comportements d’épargne encore très sécuritaires ne facilitent pas des changements drastiques, même vers des allocations modérées en actifs plus volatiles. Y remédier suppose une véritable thérapie de réacclimatation à la volatilité, pas un électrochoc. Mais soyons réalistes, on ne passera pas facilement d’une épargne sur livret à une gestion active faite par des robo-advisors. Un temps d’observation et d’acclimatation s’impose.
  • La concurrence que souhaite mettre en place la Directive IORP avec la création de fonds de pension transfrontaliers en Europe. Il existe un vrai risque que, par cette nouvelle directive, certains plans d’épargne-retraite, aujourd’hui gérés en France, soient un jour pilotés de l’étranger ou que certains pays cherchent à tirer parti de cette directive pour s’imposer sur le marché français.

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº354