Caution vs hypothèque

Les choix français en matière de garantie

Créé le

09.09.2010

-

Mis à jour le

30.12.2010

En France, la caution est devenue progressivement la première garantie du crédit à l’habitat. Cette montée en puissance des crédits cautionnés face aux crédits hypothécaires s’explique par différents facteurs :

  • pour les clients emprunteurs, elle présente l’avantage d’être moins chère en coût initial, la tarification moyenne se situant entre 0,8 et 1,6 % en fonction du montant, de la durée et de l’opération envisagée contre 1,6 à 2 % pour l’hypothèque. [1]
  • Par ailleurs, pour ce qui concerne certains organismes de caution, tel Crédit Logement, premier intervenant sur le marché, une grande partie de ce coût initial est restituée à l’emprunteur après remboursement du prêt et en l’absence de défaillance, sans occasionner de frais complémentaire. La mainlevée de l’hypothèque génère, elle, à nouveau des frais. De plus, la caution est transférable avec le prêt pour une nouvelle acquisition sans aucun frais complémentaire. Enfin, en cas de défaillance de l’emprunteur, les organismes de caution ne sont pas nécessairement dans l’obligation de saisir et de vendre le bien, contrairement à la banque dans le cadre du crédit hypothécaire, leur objectif étant, avant tout, de trouver une solution à l’amiable.
  • pour les établissements de crédit, la caution offre une couverture financière complète et intangible dans son montant, au bénéfice du prêteur et qui est déconnectée de la variation aléatoire de la valeur du bien en fonction de l’évolution des marchés de l’immobilier. De plus, l’existence d’une mutualisation des risques opérée par les organismes de caution et d’un dispositif de double contrôle des dossiers de crédit, à la fois par l’établissement prêteur et par la société de caution, contribuent à réduire les risques de sinistralité et confère, du point de vue de la Fédération Bancaire Française, un caractère sain à la distribution de crédits en France. Cela s’est confirmé particulièrement lors de la dernière crise alors que l’expérience américaine a montré que la distribution de crédit hypothécaire était d’abord fondée sur une analyse du risque par estimation de la valeur du bien plutôt que par l’évaluation de la solvabilité de l’emprunteur.
1 Ainsi, à titre d’exemple (il s’agit d’une simulation pour donner une idée du rapport), pour un prêt de 75.000 €, le coût d’une hypothèque serait (all in) de 1.958 € tandis que celui d’une caution est de 500 €.

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº284
Notes :
1 Ainsi, à titre d’exemple (il s’agit d’une simulation pour donner une idée du rapport), pour un prêt de 75.000 €, le coût d’une hypothèque serait (all in) de 1.958 € tandis que celui d’une caution est de 500 €.