En dehors de l’Europe
Plusieurs assureurs, aux Etats-Unis et au Japon, ont été mis en difficulté durant la crise, parmi lesquels :
- AIG. Le 16 septembre 2008, lendemain de la chute de Lehman Brothers, AIG risque d’être mis en faillite. L’État américain décide de nationaliser l’assureur, pour éviter une contagion. Ce n’est pas sur ses activités « classiques » que l’assureur a été mis en défaut : il était très présent sur le marché des dérivés et il portait des risques de Fannie Mae et Freddie Mac, impactés par la crise des subprime.
- Lincoln National Corporation. L’assureur, spécialisé en vie, a reçu 950 millions de dollars du fonds Troubled Asset Relief Programm (TARP).
- The Hartford. Cette compagnie mixte vie/non-vie a reçu 3,4 milliards de dollars du fonds TARP et Allianz y a injecté 2,5 milliards de dollars.
- Yamato Life. Le 10 octobre 2008, l’assureur vie non coté est mis en faillite, sa dette de 2,7 milliards de dollars pesant trop lourd face à la valeur dégradée de ses actifs. La société menait une politique d’investissement à risque, en recourant massivement à des titres à haut rendement fortement impactés à la baisse durant la crise.
En Europe
À notre connaissance, aucun assureur européen n’a fait défaut durant cette crise. Toutefois, plusieurs opérateurs européens, bancassureurs ou assureurs, intervenant essentiellement au Benelux, ont été significativement affectés et ont bénéficié d’une intervention étatique.
Les assureurs
- Ethias. Première mutuelle d’assurance en Belgique, Ethias affichait un bilan total de 28,6 milliards d’euros en 2008. En octobre 2008, suite à un risque d’insolvabilité – notamment dû à son rôle d’actionnaire dans Dexia –, elle a bénéficié d’une injection de capital à hauteur de 1,5 milliard d’euros par l’État belge.
- Aegon. L’État néerlandais a recapitalisé l’assureur, spécialiste en vie et pensions, à hauteur de 3 milliards d’euros en octobre 2008 afin de le soutenir face à la crise mondiale. Aegon était particulièrement exposé, compte tenu d’une large partie de ses activités (hors Pays-Bas) libellées dans des monnaies fondantes par rapport à l’euro : dollar US et livre Sterling.
Les bancassureurs
- Fortis. Le 28 septembre 2008, le premier groupe de banque-assurance des pays du Benelux subit une scission, suite à un plan de sauvetage supérieur à 16 milliards de dollars porté par les gouvernements belge, luxembourgeois et hollandais : certaines activités sont nationalisées, d’autres vendues à BNP.
- Dexia. Le 30 septembre 2008, c'est au tour de Dexia, le spécialiste du financement des collectivités locales, d'être sauvé de la faillite par la Belgique, la France et le Luxembourg. Les investissements dans le monoline FSA ont fortement contribué aux difficultés de Dexia.
- ING. L’État néerlandais a injecté, le 19 octobre 2008, 10 milliards d’euros dans le capital du bancassureur.
- KBC. Le bancassureur belge a été recapitalisé à hauteur de 3,5 milliards d’euros par l'État belge en octobre 2008, dont 1,25 milliard affecté aux activités d’assurance du groupe.
- SNS REAAL. Le groupe de bancassurance néerlandais a vu sa solvabilité fortement dégradée au 2e semestre 2008, ce qui lui a valu une injection de capitaux de 750 millions d’euros par l’État néerlandais.