Alternative

L’initiative monnaie pleine

Créé le

07.03.2016

-

Mis à jour le

11.03.2016

L’initiative suisse Monnaie pleine (ou « 100 % monnaie ») s’inspire du « Chicago plan » des années 1930. Ses défenseurs estiment que le pouvoir de création monétaire ne doit pas être laissé aux banques dont l’avidité pourrait les conduire à octroyer un volume de crédits excessif, jusqu’à risquer la faillite.

Dans la logique « monnaie pleine », les banques privées peuvent continuer à octroyer des crédits mais avec les dépôts de leurs clients ou en empruntant sur les marchés. La création monétaire, quant à elle, doit être le monopole d’un acteur public (la banque centrale) qui, en échange de la monnaie émise, doit détenir des titres très sûrs (bons du Trésor) pour que 100 % de la monnaie soit gagée.

Pour Michel Aglietta, « un tel système est praticable. Toutefois, les problèmes financiers récents dépassent largement le cas des banques. Les hedge funds, fonds communs de placement et autres fonds d’investissement se sont développés et prennent des risques considérables (au travers de leurs prêts et placements) en pensant qu’ils vont toujours pouvoir trouver de la liquidité sur les marchés pour renouveler leur dette dans le temps. Ces institutions financières pourraient se multiplier si l’économie adoptait un système de monnaie pleine. En effet, dans l’hypothèse d’une monnaie pleine, les banques seraient davantage bridées dans leur capacité d’octroyer des crédits. Dès lors, la demande de crédit serait en partie satisfaite par les marchés (au travers de titres obligataires par exemple) qui auraient donc tendance à se développer. Les promoteurs de la monnaie pleine doivent donc prévoir de réguler, plus rigoureusement qu’actuellement, la sphère financière. »

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº345