Repères

Extrait « Les ingrédients d’un nouvel équilibre »

Créé le

19.06.2017

-

Mis à jour le

29.06.2017

« Il faut d’abord se poser la question de ce que l’on vise. On veut d’abord plus d’emploi et de croissance, et cela passe par le financement des entreprises et de l’investissement productif. Développer les entreprises, jeunes ou vieilles, petites, moyennes ou grandes, de l’industrie ou des services, innovantes ou établies, c’est par là et d’abord par là que se construiront la prospérité et l’avenir. La priorité n’est donc plus seulement l’immobilier et le financement de l’État, mais aussi l’investissement privé, l’innovation et la recherche. Dit autrement, on doit passer d’un objectif purement sectoriel à un objectif plus macroéconomique.

On veut ensuite assurer un nouvel équilibre pour accommoder les retraites, l’allongement de la durée de la vie la démographie et les difficultés du système de répartition. Dans le nouvel équilibre qui sera retenu, le système financier a un rôle à jouer et on sent bien qu’il faut tirer parti de la fiscalité et de la capacité qu’offrent des banques et des assureurs pour accompagner l’économie française vers la cible retenue.

On veut enfin assurer pour les plus démunis un minimum de sécurité, et, pour tous, une beaucoup plus grande stabilité financière.

Pour faire la réforme ample dont il est question ici, la France dispose d’un système financier puissant et sain, qui a été bâti au cours des vingt dernières années. Elle a réalisé les consolidations nécessaires de son système bancaire avant les autres pays européens, et dispose de champions nationaux qui sont parmi les seuls en Europe à pouvoir rivaliser avec les leaders américains et, demain, chinois. Elle a une industrie de l’assurance et de la bancassurance de qualité. Sa gestion est réputée pour son excellence. Bref, elle dispose d’acteurs pour accompagner la réforme. Et elle a une base d’assurance vie puissante qui peut constituer le socle des futurs produits d’épargne longue qui seront nécessaires pour réaliser les objectifs mentionnés plus haut.

On peut ainsi rassembler les briques qui constitueront le fondement du nouveau système financier pour les vingt prochaines années :

  • un réaménagement profond du système de l’épargne réglementée, remplacé par une protection des plus défavorisés. Cet objectif demande du temps mais des premières étapes ont été suggérées et elles doivent être menées avec détermination ;
  • l’introduction, à côté des prêts immobiliers à taux fixes, de prêts à taux variables ;
  • la réduction de la liquidité offerte sur l’assurance vie et l’allongement des durations à l’actif, en même temps qu’une place faite aux actions et aux obligations d’entreprises ;
  • l’introduction de produits de retraite, à imaginer au sein du dispositif de l’assurance vie ;
  • la priorité donnée au financement des entreprises ;
  • le développement de la titrisation des crédits, sans laquelle il n’y aura pas de désintermédiation, sur l’immobilier et sur les prêts aux entreprises et la possibilité pour les assureurs de détenir de tels produits. »

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº810