Extrait de l’entretien de Philippe Lepoutre, directeur général, Compagnie générale d’affacturage (CGA)*

Créé le

13.12.2010

-

Mis à jour le

06.01.2011

L’affacturage a la réputation d’être plus cher…

L’affacturage a un coût de revient car il a garde toujours, même en gestion déléguée, une composante de service. La contre partie de ce coût est une capacité de financement plus importante. Cependant, d’après nos études, le marché français de l’affacturage est le sans doute l’un des moins cher d’Europe. Il en va d’ailleurs de même pour le crédit aux PME de manière générale. Les PME françaises accèdent parfois à des financements à des conditions que même de grandes entreprises internationales n’obtiennent pas toujours ! À tel point que, pour le crédit, notre cœur de métier, l’équilibre entre la rentabilité et le risque devient, en cette période de crise, un peu difficile.

L’affacturage est un crédit à court terme. Pour les entreprises de taille moyenne et au-delà, la prestation est indexée en général sur l’Euribor 3 mois qui a énormément baissé depuis 2008: ramené en taux effectif global, celui-ci est de ce fait très bas. Le marché français de l’affacturage a été créé dans les années 1960-1970 par des sociétés financières le plus souvent indépendantes des groupes bancaires nationaux. Ceux-ci ont progressivement pris conscience que c’était un produit qu’ils devaient pouvoir offrir et tous s’y sont mis, que ce soit en propre ou en mutualisant leur service, d’où une concurrence forte qui a fait baisser les conditions tarifaires.

L’affacturage nécessite des spécialistes bien formés et une informatique sophistiquée et donc des coûts fixes non négligeables. Les factors continuent leurs efforts de productivité en développant notamment des offres de signature électronique ; la profession soutient par ailleurs des projets pour normaliser et fluidifier davantage les échanges. […]

Avez-vous des recommandations à faire aux dirigeants financiers en entreprise ?

Les directeurs financiers connaissent parfaitement leur métier et je n’ai certainement pas de leçons à leur donner… Vous ne vous étonnerez pas cependant pas si je leur conseille, lorsqu’ils sont confrontés à des problématiques de financement à court terme, de donner une chance au factor! Le vieux préjugé qui frappait les entreprises affacturées est aujourd’hui largement dépassé. Les entreprises qui ont choisi l’affacturage, en gestion déléguée notamment, en sont le plus souvent très satisfaites, si l’on en juge selon les études réalisées sur notre clientèle.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº732