Extrait de l’entretien de Daniel Karyotis, président du Directoire de Banque Palatine*

Créé le

13.12.2010

-

Mis à jour le

06.01.2011

Comment avez-vous affronté la crise ?

Nous avons pris la mesure de la crise très tôt, dès 2008. Nous avons mis en place un comité de prévention des risques qui nous a permis d’anticiper très en amont les éventuelles difficultés des entreprises. Nous avons aussi sensibilisé notre réseau commercial afin que nos chargés d’affaires rencontrent davantage leurs clients pour anticiper les tensions ou les difficultés de trésorerie. Un chef d’entreprise a besoin d’être rassuré en période de crise et il apprécie, je crois, qu’un banquier l’appelle, même quand il n’a pas de besoins spécifiques. […]

Avez-vous beaucoup négocié avec les entreprises ?

Oui. Nous avons dialogué avec nos clients entreprises pour faire en sorte que ceux-ci ne soient pas pénalisés par des ratios financiers dégradés sur 2009 qui auraient pu déclencher mécaniquement des covenants bancaires. Là encore, une bonne relation bancaire est fondée sur la transparence, l’intelligence et la souplesse des deux parties.

Aidez-vous les entreprises à comprendre les problématiques de notation ? Leur communiquez-vous certains éléments qui leur permettraient de comprendre leur valorisation au sein de la banque ?

Quand les entreprises rencontrent leurs fournisseurs, elles ne demandent pas forcément leurs marges et la façon dont elles les calculent ! Chacun doit être dans son rôle. Cela fait partie des règles d’une relation normale entre un client et un fournisseur. Le sujet est plus ouvert en ce qui concerne les notations parce qu’il existe des notations publiques (Coface, Banque de France…) sur lesquelles les banques s’appuient aussi, mais pas seulement. Dans les grandes entreprises, les directeurs financiers savent très bien quels sont les principaux ratios que nous regardons pour attribuer une notation. En revanche, une PME a plus de difficultés  à appréhender la méthodologie employée. Mais nous essayons toutefois d’accompagner nos PME pour qu’elles comprennent nos process de décision. Je rappelle enfin que le taux qui leur sera accordé, si le dossier est accepté, ne dépend pas de la seule notation et heureusement ! La qualité du dirigeant, l’antériorité de la relation commerciale, la stratégie déployée sont autant d’éléments importants. Enfin, nous évoluons dans un monde concurrentiel et nos taux sont « benchmarkés » avec ceux de la concurrence.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº732