Interview

« L’entrepreneuriat social nous oblige à être agiles »

Créé le

05.03.2015

-

Mis à jour le

10.03.2015

Raphaèle Leroy, responsable des relations consommateurs et de la RSE de la Banque de détail en France, BNP Paribas

« De plus en plus, les acteurs de l’économie sociale et solidaire, et les entrepreneurs sociaux en particulier, vont contribuer à la croissance française et à l’emploi. C’est pourquoi la banque de détail en France de BNP Paribas, qui soutient de manière générale les entrepreneurs, s’est engagée à soutenir leur développement. L’enjeu pour nous est de bien comprendre ces nouveaux modèles économiques où le retour sur investissement est double, à la fois financier – il faut donc que le modèle soit économiquement viable – et social. Il faut adapter notre lecture, rassurer les chargés d’affaires et les analystes des risques lorsqu’ils sont face à des projets dont les marges sont faibles. Le point mort d’une entreprise sociale sera peut-être atteint plus tardivement. Les postes clients peuvent être plus importants, du fait des délais de paiement des collectivités territoriales et des délais de versement de certaines subventions. Nous adaptons donc les modalités de financement, en allongeant la durée des prêts par exemple. Il s’agit aussi de se poser des questions propres au secteur de l’entrepreneuriat social : quelle gouvernance a été mise en place ? Comment la vocation sociale ou environnementale du projet est-elle protégée ? Cette vocation est-elle authentique de la part de l’entrepreneur ? Nous devons apprendre en permanence et remonter la courbe d’expérience. L’entrepreneuriat social nous oblige à être agiles, pour cerner des modèles économiques qui se réinventent en permanence. D’où notre association avec France Active dont l’expertise nous sécurise. Nous travaillons avec l’ensemble de l’écosystème, des plateformes de crowdfunding aux fonds d’investissement solidaires en passant par Bpifrance. La clé du financement des entreprises sociales, c’est de combiner les solutions, de faire coopérer les acteurs à tous les moments clés du cycle de vie de l’entreprise. »

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº334