Banques françaises

Des plans de transformation dans d’autres réseaux

Créé le

21.04.2016

-

Mis à jour le

27.04.2016

Société Générale est quasiment la seule banque à avoir rendu public son projet de suppressions d’agences à moyen terme, suivie par LCL (groupe Crédit Agricole). BNP Paribas et les groupes mutualistes ne donnent pas de chiffres mais mènent des programmes de transformation de leurs réseaux.

LCL cible 240 fermetures

Présenté le 10 mars 2016 par le groupe Crédit Agricole, le plan de LCL prévoit que devant l’accélération de la baisse de fréquentation de ses 1 880 agences, à un rythme supérieur aux 6 % par an précédemment constatée, la banque ferme 240 agences d’ici début 2020, au lieu de la dizaine initialement prévue entre 2014 et 2018. LCL entend conserver ses 1 200 agences principales, mais fermer 240 de ses 680 agences secondaires, qui peuvent parfois faire doublons lorsque deux ou trois agences se trouvent proches les unes des autres dans une grande agglomération (64 % du réseau se trouve en secteur urbain). L’évolution devrait être accompagnée par le non-remplacement d’une partie des départs à la retraite. En 2016, LCL envisage de recruter 1 000 personnes en CDI et estime qu’elle pourrait ne pas remplacer 1 000 départs à la retraite, auxquels s’ajouteront les départs naturels. En 2015, 1 500 personnes ont été recrutées. L’objectif est qu’il n’y ait pas de licenciements contraints. En agence, l’accueil partagé va être généralisé, au moins dans les plus petites et dans certaines grandes. Car les métiers évoluent : avec de moins en moins de chargés d’accueil et plus de conseillers experts, dans les agences principales et dans les centres de relation clients (CRC), qui sont passés de sept à dix en deux ans pour accompagner l’essor des relations à distance avec les clients. LCL réalisait 13 % de ventes à distance fin 2015 et en vise 50 % en 2019, avec toute la gamme accessible en ligne.

En parallèle, LCL va transformer ses 40 agences vitrines, parfois situées dans des bâtiments historiques, en Open Bank, espaces connectés ouverts aux prospects comme aux clients, où l’accueil est partagé et l’échange avec un conseiller possible dans un espace de semi-confidentialité ou un bureau non affecté. Après le 19 LCL, au siège historique du 19 boulevard des Italiens à Paris qui est redevenu une agence en novembre 2025, le 18 LCL, au 18 rue de la République à Lyon, a été inauguré le 22 mars 2016. LCL va revoir les concepts des autres agences du réseau, en s’inspirant de certaines réalisations testées dans ces agences vitrines.

La banque a prévu d’investir 450 millions d’euros d’ici 2020 dans l’ensemble de ces transformations (agences, digital, formation, accompagnement du changement…).

BNP Paribas diversifie les formats

BNP Paribas a lancé en 2014 un programme qui prévoit de refondre son parc d’agences selon une typologie de trois formats. Il était déployé à 63 % fin 2015, et l’ensemble du réseau doit être transformé en 2019. 5 à 10 % d’agences « Express », avec conseillers non attitrés, vont proposer au client de réaliser des opérations simples sur des automates ou des tablettes, une majorité d’agences « Conseil » proposera des rendez-vous de visu avec un conseiller, et des rendez-vous en visioconférence avec des conseillers spécialisés. Les agences « Projet », en centre-ville, offriront des rendez-vous en face-à-face avec des conseillers spécialisés.

BNP Paribas a fermé 191 agences, environ 10 % de son parc, entre fin 2012 et fin 2015 (2009 agences) en France. Pour la suite, la banque indique ne pas avoir de plan global et significatif de fermetures, et ne communique pas en amont sur ses projets en la matière. Elle « optimise » ses implantations : des agences situées en ville, dans une même rue, peuvent être regroupées en une seule, comme le prévoient Société Générale et LCL.

Les effectifs de la banque de détail de BNP Paribas devraient stagner en 2016, et 2 000 collaborateurs doivent y être recrutés. La banque indique que les mouvements sont gérés avec le turn over naturel, sans départs contraints. BNP Paribas a lancé un plan d’investissement de 210 millions d’euros sur trois ans, entre 2014 et 2016, dans la transformation du réseau et le digital.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº796